Accueil ActualitéBudget de la Sécu: suspension des retraites rétablie

Budget de la Sécu: suspension des retraites rétablie

par charles
France

Vendredi, l’Assemblée nationale a rétabli la suspension de la réforme des retraites dans le budget de la Sécurité sociale, mais le vote final sur l’ensemble du texte mardi demeure incertain. 162 députés ont voté pour le rétablissement, 75 se sont opposés et les divisions se font sentir au sein du camp gouvernemental. La discussion s’est aussi concentrée sur l’objectif des dépenses de l’assurance maladie (Ondam) et sur le déficit prévu pour 2026, estimé à 22,5 milliards d’euros après la suppression du gel des retraites et des minima sociaux, selon Amélie de Montchalin. Le gouvernement affirme vouloir avancer, tout en appelant à un vote « en conscience, pour l’intérêt général ».

\"Vote
Vue générale lors du vote du budget de la Sécu

À l’Assemblée nationale, rétablissement de la suspension et vote serré

La mesure est revenue dans la partie recettes du budget: 162 voix pour, 75 contre et des abstentions. Elle a été réintroduite via des amendements identiques déposés par le gouvernement, les socialistes, le RN, Liot et quelques députés LR. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a exhorté les députés à se prononcer « en conscience, pour l’intérêt général » et a répété que « Le budget n’est pas parfait, mais il est le meilleur budget possible » selon ses propos relayés par la communication gouvernementale. La soirée a également montré des divisions au sein du camp gouvernemental: l’alliance RN-UDR, LFI et les écologistes ont voté contre; LR et Horizons se sont majoritairement abstenus, illustrant les dissensions.

Le scrutin a été marqué par une faible affluence et un avertissement pour l’exécutif: « Arithmétiquement, si on considère les positions politiques des groupes aujourd’hui, ça ne passerait pas mardi », résume un cadre macroniste. Des voix de la gauche se sont exprimées contre la suspension, tandis que certains députés ont salué une avancée, selon les déclarations de Jérôme Guedj et d’autres.

« Le grand perdant de la soirée, c’est le déficit de la Sécurité sociale », a déploré Frédéric Valletoux, président Horizons de la commission des Affaires sociales, réclamant la poursuite du travail parlementaire et indiquant que l’adoption du texte ne serait pas garantie mardi. « Ne pas avoir de budget serait dangereux, pour notre protection sociale, nos comptes publics et pour le rôle du Parlement », a répété Sébastien Lecornu sur X.

\"Sébastien
Sébastien Lecornu réagit après le vote sur la suspension de la réforme des retraites

Impact financier et cap sur l’Ondam

Sur le volet financier, le déficit de la Sécurité sociale pour 2026 est estimé à 22,5 milliards d’euros après la suppression du gel des retraites et des minima sociaux, selon Amélie de Montchalin. Le gel des pensions et des minima sociaux a été largement rejeté lors de l’examen du texte en première lecture. L’objectif des dépenses de l’assurance maladie, l’Ondam, pourrait être porté à une hausse de 3 % selon Stéphanie Rist, qui a mentionné cet objectif devant les députés.

Le dispositif prévoit que, sans nouvelle réforme, la suite du calendrier resterait incertaine et que certaines réformes pourraient être prises par décret après concertation, afin de préserver l’ouverture budgétaire tout en répondant à des objections sur les dépenses de l’assurance maladie et l’évolution du budget social.

Les camps se sont rapidement mis d’accord sur l’ambition budgétaire, mais les négociations restent fragiles et les votes mardi pourraient remettre en cause l’ensemble du texte.

Réactions et positions des groupes et fragilité de l’accord

Les Insoumis se sont opposés à la mesure, dénonçant « des magouilles sans fin » et réaffirmant leur volonté d’abroger la réforme. Le PS, représenté par Jérôme Guedj, a défendu une suspension qui, selon lui, permettra à 650 000 personnes de partir plus tôt à la retraite en 2026 et 2027 et a salué une « avancée concrète, fût-elle pas totale » tout en notant que cela n’implique pas l’ensemble du texte prévu mardi. Alexis Corbière a ajouté: « C’est bien peu, c’est presque rien. Mais cela existe tout de même », précisant que ce choix « ne préjuge en rien » de la position à venir.

Du côté des Républicains, Annie Vidal a expliqué l’abstention du groupe macroniste au nom du « compromis » recherché, et Laurent Wauquiez a annoncé un vote contre, défendant le relèvement de l’âge de départ pour éviter « prendre plus sur ceux qui travaillent ». Horizons a dénoncé un « mensonge » et le Rassemblement national a apporté son soutien à la mesure et ironisé sur les positions du gouvernement. La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a assuré qu’il n’y aurait « aucune augmentation des franchises médicales ».

Cela pourrait vous intéresser

Laisser un commentaire