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La Réserve fédérale devrait maintenir ses taux directeurs cette semaine alors que l’enquête pénale visant Jerome Powell et la pression politique de l’administration Trump jettent une ombre inédite sur l’institution.
La situation intervient à quelques réunions de politique monétaire seulement avant l’échéance du mandat de Powell, dont la présidence s’étend depuis huit ans. Une période de transition, habituellement routinière, apparaît désormais comme une fenêtre potentielle de troubles pour l’indépendance de la banque centrale.
Le département de la Justice a ouvert une enquête sur le renouvellement du siège de la Réserve fédérale, un projet évalué à 2,5 milliards de dollars, et M. Powell a réagi publiquement. « Ce nouveau type de menace ne porte pas sur ma précédente audition ni sur la rénovation des bâtiments », a-t-il déclaré, « il s’agit de savoir si la Réserve fédérale pourra continuer à fixer les taux en se fondant sur les preuves et la conjoncture économique, ou si la politique monétaire cédera aux pressions politiques ou à l’intimidation. »
Un calendrier serré et une indépendance en question
Il reste trois réunions de politique monétaire prévues avant la fin du mandat de Powell, et la perspective d’une transition renforce les enjeux autour de l’autonomie de la Réserve fédérale.
La possible destitution d’une gouverneure de la Fed, évoquée dans les débats, et la nécessité pour le futur président de convaincre le Sénat de son impartialité complexifient encore le processus de nomination.
Conjoncture économique et anticipations de marché
Sur le plan macroéconomique, l’inflation aux États-Unis s’est établie à 2,7 % en décembre, au‑dessus de l’objectif officiel mais conforme aux attentes des économistes.
En parallèle, les données récentes de l’emploi montrent un net ralentissement de la dynamique du marché du travail, ce qui modère les perspectives de politique monétaire.
Les marchés à terme n’envisagent qu’une probabilité très faible d’une baisse des taux ce mois-ci, tout en continuant d’anticiper des assouplissements plus nets au cours de l’année.
La tâche du successeur
Des économistes soulignent que le choix du prochain président de la Réserve fédérale ne peut être dissocié du contexte économique ni de sa capacité à rassembler les autres membres du Comité fédéral de l’open market.
Le successeur devra convaincre les gouverneurs et les cinq présidents de banques régionales disposant d’un droit de vote afin d’emmener toute décision majeure, notamment un éventuel abaissement des taux, indépendamment des pressions externes.
Un processus de nomination avancé
La Maison-Blanche pourrait annoncer prochainement le nom du candidat chargé de succéder à Jerome Powell. Plusieurs personnalités figurent parmi les finalistes pressentis :
- Kevin Hassett, conseiller économique de l’administration Trump;
- Christopher Waller, actuel gouverneur de la Réserve fédérale;
- Kevin Warsh, ancien gouverneur de la Fed;
- Rick Rieder, responsable des investissements obligataires chez un grand gestionnaire d’actifs.
Réactions et tensions
Les menaces visant le président de la Fed ont suscité une forte réprobation parmi des élus et des observateurs, et plusieurs sénateurs ont indiqué qu’ils retarderaient l’examen de toute nomination jusqu’à la clôture de l’enquête.
Face à la pression, Jerome Powell a durci son ton en défense de l’institution et de son indépendance. Il a assisté récemment à une audience majeure et reste mobilisé pour expliquer la position de la banque centrale dans les jours à venir.
Malgré les tensions, les contrôles institutionnels et les mécanismes de gouvernance de la Réserve fédérale paraissent, pour l’instant, en capacité de contenir les pressions politiques. Néanmoins, l’épisode met l’indépendance monétaire au centre des débats publics et institutionnels aux États-Unis.