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Le député Daniel Grenon a été sanctionné par la justice française pour des propos discriminatoires envers les binationaux originaires du Maghreb, suscitant un vif débat politique et judiciaire.
Une condamnation pour propos discriminatoires
Le 2 mai 2025, le tribunal correctionnel de Sens, dans l’Yonne, a condamné Daniel Grenon à une amende de 3 000 euros pour des déclarations tenues le 1er juillet 2024. Lors d’un débat organisé par le journal local L’Yonne républicaine, le député, alors membre du Rassemblement National (RN), avait affirmé que certains maghrébins, bien qu’ayant accédé à des postes ministériels, n’avaient selon lui « pas leur place dans les hauts lieux » du pouvoir. Il avait cependant précisé que le binational maghrébin avait sa place en France, mais « pas dans les hauts lieux ».
Cette prise de position, en pleine campagne législative et au cœur d’un débat national sur la binationalité, avait provoqué une importante polémique au sein même du RN.

Peine assortie de dommages et intérêts
Outre l’amende, le tribunal a accordé 1 500 euros de dommages et intérêts à chacune des trois parties civiles : le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) de l’Yonne, la Ligue des droits de l’homme et la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA).
Les poursuites judiciaires avaient été engagées contre Daniel Grenon pour « provocation publique à la discrimination » et « injure publique » en raison de l’origine, de l’ethnie, de la nation, de la race ou de la religion. L’amende prononcée est le double de la réquisition initiale de 1 500 euros formulée par le ministère public lors de l’audience du 17 avril 2025.
Réactions politiques et judiciaires
À l’époque des faits, Jordan Bardella, alors figure montante du RN, avait condamné ces propos en les qualifiant d’« abjects » et avait désigné Daniel Grenon comme l’une des « brebis galeuses » du parti. Malgré la controverse, le député avait été réélu avec 51,38 % des voix, avant d’être exclu du parti à l’automne 2024.
Agnès Cluzel, présidente du MRAP de l’Yonne, a salué la décision judiciaire, déclarant que « le racisme de M. Grenon n’est pas soft » et qu’il s’agit d’« une idéologie ancrée dans son fonctionnement depuis des dizaines d’années ». Cette condamnation est perçue comme un signal fort contre les discours discriminatoires.
De son côté, Florence Loury, candidate écologiste battue face à Daniel Grenon aux législatives, avait qualifié ce dernier de « raciste ».
Défense de Daniel Grenon
Lors de l’audience, Jean-Marc Ponelle, l’avocat de Daniel Grenon, avait plaidé que les propos de son client ne relevaient pas de la haine raciale, mais s’inscrivaient dans un contexte politique particulier, notamment lié aux propositions de loi du RN sur la binationalité.
Daniel Grenon lui-même n’a pas réussi à clarifier précisément ses intentions. Il avait seulement expliqué : « S’il y a un conflit, le binational peut décider de partir. »