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Jour 1 433 de la guerre Russie-Ukraine : les combats et les frappes aériennes se sont poursuivis mardi, touchant villes ukrainiennes et régions russes, tandis que des pourparlers diplomatiques et des mesures politiques continuent d’évoluer. Les autorités font état de dégâts matériels importants et de victimes, et les discussions en vue d’un cessez-le-feu restent marquées par des divergences sur la question territoriale.
Frappes et bilan des attaques
Des attaques à la fois par drones et missiles ont visé plusieurs zones peuplées en Ukraine, provoquant des dégâts et des blessés.
- À Kharkiv, la deuxième ville du pays, le maire Ihor Terekhov a indiqué qu’au moins deux personnes ont été blessées après une attaque qui a endommagé des immeubles d’habitation, une école et une maternelle.
- Un immeuble de grande hauteur à Kryvyi Rih, ville natale du président Volodymyr Zelenskyy située au sud-est de Kharkiv, a été frappé par des drones, déclenchant un incendie sans bilan immédiat de victimes, selon l’administration militaire locale.
- La capitale Kyiv a également été touchée : des frappes ont endommagé des parties de la Laure des Grottes de Kyiv, site religieux de référence et patrimoine mondial de l’UNESCO, a indiqué le ministère ukrainien de la Culture.
Parallèlement, des incidents ont été signalés du côté russe. Dans la région de Belgorod, le gouverneur Vyacheslav Gladkov a annoncé la mort d’une personne à la suite d’une attaque par drone. Les autorités russes ont aussi rapporté des impacts en territoire de Krasnodar.
- Les forces ukrainiennes ont déclaré avoir frappé l’usine pétrolière Slavyansk Eko dans la région de Krasnodar, touchant des installations de raffinage sans bilans immédiats de victimes.
- À Slavyansk-sur-Kouban, toujours en territoire russe, des fragments issus d’un drone détruit ont causé un blessé et déclenché des incendies dans deux entreprises, selon les services d’urgence régionaux.
Le ministère russe de la Défense a affirmé avoir intercepté et détruit 40 drones ukrainiens au cours de la nuit, dont 34 dans la région de Krasnodar.
Aide militaire et capacités de défense
Les responsables occidentaux ont tiré la sonnette d’alarme sur l’affaiblissement des capacités de défense ukrainiennes face aux vagues de missiles et de drones.
Le dirigeant néerlandais Mark Rutte a déclaré que le taux d’interception des missiles et drones russes par l’Ukraine avait diminué en raison d’un manque d’armements de défense. Il a exhorté les alliés à puiser dans leurs stocks pour renforcer la protection de Kyiv.
Aide humanitaire et solidarité
La crise humanitaire s’intensifie avec des centaines de milliers de personnes exposées au froid après des attaques ciblant des infrastructures énergétiques.
En République tchèque, une collecte citoyenne a permis de réunir plus de six millions de dollars en cinq jours pour acheter des générateurs, des chauffages et des batteries destinés à l’Ukraine. L’initiative, lancée sous le nom Darek pro Putina, vise à venir en aide aux régions privées d’électricité.
Pourparlers et calendrier diplomatique
Sur le plan diplomatique, le président ukrainien a annoncé la reprise des discussions entre négociateurs ukrainiens et russes à partir du 1er février, en appelant les alliés à maintenir la pression sur Moscou avant ces réunions.
Dans ses interventions, Volodymyr Zelenskyy a indiqué que les entretiens trilatéraux récents à Abu Dhabi, impliquant les États-Unis et la Russie, avaient porté principalement sur des questions militaires tout en abordant des aspects politiques, et que de nouvelles rencontres trilatérales étaient en préparation.
De son côté, le Kremlin a qualifié les échanges d’« esprit constructif » tout en soulignant l’existence de travaux importants à mener. Moscou a réaffirmé que la question territoriale restait un point central pour tout accord de paix, une position fortement critiquée par les partenaires occidentaux.
Johann Wadephul, représentant politique ayant pris la parole à l’issue des discussions, a dénoncé « l’insistance obstinée de la Russie sur la question territoriale », soulignant l’obstacle majeur que constitue ce point dans les négociations.
Décisions politiques et conséquences économiques
Au niveau européen, les États membres de l’Union ont approuvé une interdiction des importations de gaz russe d’ici fin 2027, une mesure destinée à couper progressivement les liens énergétiques avec la Russie quatre ans après l’invasion à grande échelle.
Le ministre ukrainien de l’Énergie, Denys Shmyhal, a salué cette décision comme une avancée vers une Europe plus sûre et plus autonome sur le plan énergétique.
Par ailleurs, des voix européennes alertent sur des tactiques hybrides mises en œuvre par la Russie, telles que la dégradation de câbles sous-marins, le brouillage des signaux GPS et l’utilisation d’une « flotte fantôme » pour contourner les sanctions, des pratiques qui testent la résilience des pays européens.
Sur le plan diplomatique, la Hongrie a annoncé qu’elle convoquerait l’ambassadeur ukrainien, le Premier ministre Viktor Orbán dénonçant ce qu’il estime être des tentatives d’ingérence de Kyiv dans le scrutin parlementaire hongrois prévu le 12 avril. Dans ce contexte, Orbán a intensifié ses propos critiques envers l’Ukraine et a cherché à associer certains dirigeants de l’opposition aux institutions européennes et à Kyiv.
Situation sur le terrain et dimension humaine
Au milieu des échanges diplomatiques et des décisions politiques, la vie quotidienne reste marquée par la guerre. À Kyiv, des scènes poignantes ont été rapportées : des passants se faufilant près de personnes en grande détresse lors d’alertes aériennes, illustrant le coût humain des frappes et des coupures d’électricité.
Les besoins en aide humanitaire demeurent élevés, tandis que les collectivités et les ONG poursuivent leurs efforts pour fournir chauffage, énergie et assistance aux populations touchées par le conflit.