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Retrait du sondage sur l’antisémitisme à l’université après contestation

par Lea
France

Un sondage commandé par le ministère de l’Enseignement supérieur sur l’antisémitisme dans le monde universitaire a été retiré mardi, après de vives critiques sur sa méthodologie et sur sa représentativité, selon le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof).

Selon Sciences Po, la décision de mettre fin à l’enquête a été prise d’un commun accord entre le ministère, l’Ifop et le Cevipof en raison du faible nombre de répondants et de la non-représentativité de l’enquête.

Le sondage s’inscrivait dans un travail confié par le ministère aux équipes de recherche impliquées, visant à mieux documenter les expériences et perceptions du personnel sur les actes antisémites dans l’enseignement supérieur.

Vendredi, la FSU (Fédération Syndicale Unitaire), la LDH (Ligue des droits de l’homme) et six enseignants-chercheurs ont déposé un recours d’urgence devant le Conseil d’État pour exiger des mesures afin d’interrompre les opérations de sondage.

Me Marion Ogier souligne que le lien est désactivé mais qu’il n’y a pas d’annonce formelle du ministre abandonnant le recours au questionnaire; elle évoque aussi le sort des données déjà collectées qui permettent d’identifier les répondants et leurs opinions politiques et religieuses.

En parallèle, le ministère avait chargé une équipe du Cevipof de construire l’enquête; l’association France Universités avait répondu que l’enquête posait des problèmes de conception et de questions posées.

Le Cevipof, qui avait fait appel à Ifop, a défendu sa méthodologie et assuré que toutes les garanties pour préserver l’anonymat des répondants avaient été mises en place.

Le questionnaire, d’une longueur de 44 pages et auto-administré en ligne, invitait notamment à évaluer des opinions parfois rapportées sur les Juifs; il proposait des énoncés tels que « globalement les juifs sont plus riches que la moyenne des Français », et demandait des informations sur l’âge, le genre, la région, le type d’établissement et les fonctions, ainsi que l’affiliation politique.

Ces éléments expliquent les réactions mitigées de la communauté universitaire face à ce dispositif, qui a été retiré avant sa diffusion complète.

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