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La commission d’enquête sur les violences sexistes et sexuelles dans le cinéma, présidée par la députée écologiste Sandrine Rousseau, a recueilli les témoignages de quelque 350 professionnels du secteur, dont des figures emblématiques comme Juliette Binoche et Jean Dujardin. Ce travail, initié à la suite de l’appel de l’actrice Judith Godrèche, a pour objectif d’examiner et de dénoncer les abus qui existent au sein de cette industrie.
Un climat de silence révélé
Après six mois d’auditions, des faits graves ont été mis en lumière dans un milieu souvent décrit comme opaque et en proie à une certaine omerta. Les récits de violences, qu’elles soient sexistes ou sexuelles, témoignent d’un environnement où règnent le secret et la peur, exacerbés par des affaires judiciaires en cours, telles que le procès Depardieu.
Les témoignages évoquent un secteur où des abus ont été commis lors de tournages. Cette situation illustre la domination de certains réalisateurs ou acteurs sur leurs équipes, conduisant à un climat où les dénonciations de violences sont fréquentes, mais où la parole des victimes reste souvent étouffée.
Des recommandations pour un avenir plus sûr
Les membres de la commission d’enquête, dont Jean Dujardin, Pio Marmaï et Gilles Lellouche, ont reconnu que la prise de conscience des violences est récente et que des mesures sont désormais nécessaires. Ils ont proposé d’instaurer des coordinateurs d’intimité pour les scènes de nudité, afin d’assurer un cadre de travail sécurisé.
Des recommandations ont été formulées, avec un total de 86 propositions visant à rendre le milieu du cinéma et de l’audiovisuel plus sûr. Ces mesures incluent le renforcement de la protection des mineurs et l’interdiction des représentations sexualisées à l’écran et dans le domaine de la mode.
Des mesures concrètes à mettre en place
Parmi les recommandations, il est prévu de rendre obligatoire la tenue de castings dans des locaux adaptés, en présence d’au moins deux personnes, et d’interdire toute scène d’intimité sans la présence d’un coordinateur. Les agents artistiques auront également la responsabilité d’assister et de protéger leurs artistes, avec des sanctions pour ceux qui ne respectent pas ces nouvelles normes.
Pour lutter contre le phénomène d’omerta, le rapport suggère d’imposer des enquêtes internes en cas de signalement de violences sur les plateaux de tournage. Cela pourrait entraîner une surveillance accrue des conditions de travail dans l’industrie cinématographique.
Un changement nécessaire
Le rapport de la commission d’enquête souligne un besoin urgent de réformes et d’une prise de conscience collective. En renforçant le contrôle de l’État et en informant les partenaires sociaux, l’objectif est de créer un environnement où la sécurité et le respect des droits de chacun sont prioritaires. Cela marque un tournant significatif vers un secteur plus respectueux et conscient des enjeux de violences sexistes et sexuelles.
