Martin Griffiths: Le monde doit agir pour le Soudan
Martin Griffiths, le sous-secrétaire général de l’ONU aux affaires humanitaires, a déclaré dans un article pour Le Monde que la survie de millions d’enfants, de femmes et d’hommes au Soudan est menacée. Il a appelé la communauté internationale à « assumer sa responsabilité » un an après le déclenchement d’une guerre dévastatrice dans le troisième plus grand pays d’Afrique.
Griffiths a souligné qu’il ne fallait pas ignorer les répercussions douloureuses de la guerre au Darfour et a exprimé son regret face à cette négligence, soulignant que les conséquences de cet oubli sont impardonnables. Il a déploré les atteintes brutales aux droits de l’homme, telles que les tirs sur des personnes en fuite, le meurtre d’enfants, les viols de femmes et les attaques contre les hôpitaux.
Le responsable onusien a dressé un bilan d’une année de guerre qui a contraint plus de 8 millions de personnes, principalement des femmes et des enfants, à fuir leur domicile, exacerbant la violence interethnique, les maladies et détruisant des vies et des moyens de subsistance. Environ la moitié de la population, soit environ 25 millions de personnes, ont désormais besoin d’aide humanitaire.
Objectifs clés pour sauver le Soudan
- 1. Réponse humanitaire entièrement financée:
- 2. Arrêt immédiat des hostilités:
- 3. Livraison sécurisée de l’aide humanitaire:
Griffiths a souligné l’importance de cette première étape, indiquant que la France, l’Allemagne et l’Union européenne fournissent une plateforme pour agir en accueillant une conférence humanitaire internationale pour le Soudan et ses voisins. Il a souligné que l’appel humanitaire de cette année n’a été financé qu’à hauteur de 6 %, recevant seulement 155 millions de dollars sur les 2,7 milliards nécessaires pour aider 15 millions de personnes.
Griffiths a noté la difficulté d’atteindre cet objectif, soulignant le mois de Ramadan sans cessement des combats malgré les appels à une trêve par diverses instances internationales. Il a souligné la nécessité de renouveler les efforts diplomatiques pour parvenir à un cessez-le-feu et à une solution politique négociée.
Le sous-secrétaire général a souligné la nécessité pour les travailleurs humanitaires d’accéder en toute sécurité aux populations vulnérables, soulignant les risques imminents de famine pour environ 5 millions de personnes dans des régions difficiles d’accès comme le Darfour et Kordofan. Il a appelé à un dialogue humanitaire pour garantir la distribution efficace de l’aide.