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    Syrie : tensions iraniennes et satisfaction turque face à la situation

    Syrie, Iran, Turquie, Russie

    Syrie : tensions iraniennes et satisfaction turque face à la situation

    Les développements récents sur la scène syrienne soulèvent de nombreuses questions quant aux positions des principaux acteurs impliqués, chacun cherchant à obtenir des gains politiques et sécuritaires à ses propres fins, selon les experts.

    Les inquiétudes iraniennes

    Alors que l’Iran exprime une inquiétude manifeste face à la régression significative des forces du régime ces derniers jours face à l’avancée de l’opposition, la Turquie, quant à elle, se montre satisfaite. La position de la Russie semble, en revanche, beaucoup plus froide comparée aux années précédentes.

    Cette inquiétude iranienne est probablement alimentée par la détérioration des conditions sur le terrain, qu’elle souhaite stabiliser, notamment dans le contexte de l’éventualité d’un effondrement de l’accord de cessez-le-feu entre Israël et Hezbollah, comme l’a expliqué le directeur du bureau d’Al Jazeera à Téhéran, Abdelkader Faïz.

    Une réponse diplomatique rapide

    Faïz a confirmé lors d’une intervention dans le programme « Mesures d’événements » que Téhéran s’emploie à traiter les événements en Syrie à un niveau élevé, ce qui l’a poussé à initier une rapide démarche diplomatique tout en affirmant publiquement son soutien continu au président syrien Bachar al-Assad et à son gouvernement.

    Une situation instable

    Téhéran, qui observe les changements significatifs sur le terrain syrien, est consciente que les évolutions sur le terrain ne permettent que peu de négociations. La Syrie est un enjeu crucial pour l’Iran en ce qui concerne le soutien au Hezbollah libanais, surtout en cas de reprise des hostilités avec Israël, selon Faïz.

    C’est pourquoi Téhéran, tout en comprenant les préoccupations turques concernant la Syrie, cherche à établir un terrain d’entente pour éviter un potentiel conflit — bien que celui-ci soit peu probable — entre les acteurs de la plateforme d’Astana.

    Réactions turques et russes

    Du côté turc, le gouvernement semble satisfait de la reprise inattendue de l’opposition et de son contrôle des territoires concernés par l’accord d’Astana, que Damas n’a pas respecté avec le soutien de Téhéran et Moscou. Bien que cette satisfaction ne soit pas annoncée officiellement par Ankara, elle est bien réelle, comme l’a souligné le directeur du bureau d’Al Jazeera, Abdel Azim Mohamed.

    Une position russe ambivalente

    En revanche, la Russie, qui a soutenu le gouvernement syrien au cours des dernières années, affiche une indifférence notable à l’égard des événements récents, n’ayant pas encore émis de déclaration officielle claire. Selon le directeur du bureau d’Al Jazeera à Moscou, Zaur Chaurj, la réaction russe se limite à des propos de routine, et les médias russes couvrent très peu l’actualité récente.

    Chaurj a ajouté que le ministère de la Défense russe agit comme si rien ne se passait dans l’une de ses zones d’influence majeures, et il n’y a pas eu d’informations concernant les centres de surveillance russes qui auraient été évacués avant l’attaque.

    Un nouveau champ de bataille

    Sur le terrain, le général Elias Hanna affirme que l’opposition a récupéré ce qu’elle voulait et travaille actuellement à consolider ses gains à Alep, en préparation pour une avancée vers Hama, qui pourrait devenir la ligne de front principale avec les forces de la défense syrienne.

    Selon Hanna, les forces gouvernementales ne laisseront pas l’opposition passer au-delà de Hama pour atteindre Homs et ensuite vers la côte, considérant cela comme une ligne rouge. Il souligne que l’opposition ne dispose pas de l’équipement nécessaire pour atteindre Homs.

    Perspectives d’avenir

    Le chercheur principal au Centre d’études politiques d’Al Jazeera, Lika Maki, note que la guerre au Liban a affaibli le Hezbollah et affecté la structure sécuritaire iranienne, créant un vide de pouvoir en Syrie que l’opposition a su exploiter. Concernant la position russe, Maki avance qu’elle pourrait se préparer à l’éventualité de l’arrivée du président américain élu Donald Trump, qu’elle pourrait échanger contre des concessions en Ukraine et d’autres intérêts.

    Il conclut que l’affaiblissement de l’Iran en Syrie est une tâche pour la Russie, malgré les ententes existantes entre les deux pays, car Moscou désire une solution politique en Syrie qui inclut l’opposition, tandis que les Iraniens aspirent à conserver l’intégralité du pays.

    Impact sur la Turquie

    Pour sa part, la Turquie pourrait tirer profit de la situation en contenir les Kurdes, qui sont utilisés pour la fragiliser, tout en cherchant à ramener des millions de réfugiés syriens, ce qui signifie qu’elle tentera d’exploiter les changements actuels par tous les moyens.

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