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Aux Pays-Bas, le débat sur une nouvelle loi visant à renforcer le contrôle des écoles religieuses de week-end et du soir suscite des tensions entre le gouvernement et les organisations religieuses. Ce projet de loi a été introduit dans le contexte d’un besoin de régulation plus stricte dans le domaine de l’éducation informelle, mais il a été critiqué par de nombreux groupes religieux qui estiment que cela porte atteinte à la liberté de religion.
Les organisations religieuses expriment leurs préoccupations
L’Organe de consultation des Juifs, Chrétiens et Musulmans (OJCM) a publié une déclaration affirmant que cette loi « interviendrait de manière disproportionnée dans des situations relevant de la liberté de religion ». Selon l’OJCM, cette nouvelle législation pourrait également exacerber les tensions et la polarisation au sein de la société.
Le point de vue du gouvernement
Le secrétaire d’État à l’Éducation, Paul, défend le projet de loi en arguant qu’il est essentiel de protéger les enfants et la société contre des incitations à la haine, à la violence ou à la discrimination. « C’est un devoir », déclare-t-elle. « Bien que la plupart des établissements offrent des expériences enrichissantes aux enfants, il est impératif que je puisse intervenir en cas de problème ».
Enquête sur les écoles religieuses
Des recherches antérieures ont indiqué que certaines écoles, notamment les écoles coraniques et celles de la culture chinoise, avaient été impliquées dans la diffusion d’idéologies extrêmes. Cependant, la secrétaire d’État a précisé qu’il n’y avait pas de violation de la liberté de religion tant que l’inspection ne se basait que sur des signaux sérieux.
Réactions des leaders religieux
Muhsin Köktas, président de l’OJCM, se sent ignoré par le gouvernement, déclarant que les discussions avec le ministère de l’Éducation n’ont pas porté leurs fruits. Bien qu’il reconnaisse qu’il y a eu des incidents dans certaines écoles, il affirme qu’une législation générale applicable à toutes les écoles religieuses n’est pas nécessaire.
Bert Kalkman, président d’un centre interconfessionnel, partage cette opinion et s’inquiète de la stigmatisation injustifiée que cette loi pourrait engendrer envers certaines communautés. En réaction, il a lancé une pétition intitulée « Stop la loi sur le contrôle de l’éducation informelle », qui a déjà recueilli près de 47 000 signatures.
Les pratiques de l’éducation religieuse
À Sliedrecht, le pasteur Remco de Jong organise chaque semaine des cours bibliques pour un groupe d’environ vingt adolescents. Il souligne que son programme, qui inclut des prières, des chants et des études de textes bibliques, est basé sur des pratiques solides et sans incidents signalés depuis plus de cent ans.
De Jong insiste sur l’importance de gérer les situations problématiques via les services de sécurité existants, arguant que le contrôle imposé par l’inspection de l’éducation serait excessif.
Consultation publique en cours
Actuellement, le projet de loi est en phase de consultation publique, permettant à toute personne de donner son avis jusqu’au 7 janvier. Le ministère examinera ensuite les réactions avant de prendre une décision finale.