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Pour comprendre la politique suisse, il est essentiel d’observer l’influence des cantons alpins. Ces régions montagneuses, bien que représentant une minorité de la population suisse, exercent un pouvoir disproportionné au sein du système politique.
Le pouvoir des cantons alpins
Les cantons alpins, souvent appelés l’Alpen-Opec, englobent sept cantons de montagne : Glaris, Grisons, Nidwald, Obwald, Tessin, Uri et Valais. Cette référence à l’organisation des pays exportateurs de pétrole souligne leur importance dans la production d’électricité en Suisse, puisque près de la moitié du courant suisse provient de ces régions. La sécurité d’approvisionnement du pays dépend fortement de leurs ressources hydrauliques.
Les piliers de l’influence politique
Le pouvoir politique des cantons alpins repose sur trois éléments fondamentaux :
- La Conférence des gouvernements des cantons de montagne, qui constitue leur organe stratégique et représente leur voix dans l’espace public.
- Les 12 conseillers aux États, qui agissent comme un lien direct avec le gouvernement fédéral.
- La présence d’Albert Rösti, leur représentant au sein du Conseil fédéral, notamment dans des discussions sur des sujets comme la gestion du loup.
Influence sur les décisions récentes
Cette semaine, l’influence des cantons alpins s’est manifestée à plusieurs reprises, notamment lors de la présentation par le Conseil fédéral des résultats des négociations avec l’UE. Sous la pression des cantons alpins, le gouvernement a décidé de ne pas soumettre tous les accords avec l’UE au parlement dans un seul ensemble. Les cantons se montrent prudents concernant l’accord énergétique, exprimant des préoccupations sur des points cruciaux tels qu’une libéralisation excessive du marché de l’électricité.
Les acteurs clés : Beat Rieder et le groupe puissant
Beat Rieder, conseiller aux États du Valais, est souvent cité parmi les figures influentes de la politique alpine. En tant que président de la Commission de l’environnement, de l’aménagement du territoire et de l’énergie, il, aux côtés de ses collègues Stefan Engler et Martin Schmid, forme un groupe puissant représentant les intérêts des cantons alpins à Berne.
Mathias Zopfi, sénateur vert du canton de Glaris, reconnaît l’habileté de ces dirigeants en matière de stratégie politique, bien qu’ils ne soient pas toujours d’accord sur certains sujets.
Les récents développements législatifs
Au parlement, les cantons alpins ont récemment démontré leur pouvoir. Ils ont réussi à faire adopter une décision interdisant le recours au droit de plainte des associations pour 16 projets de centrales hydroélectriques. Cela s’inscrit dans le cadre d’une législation plus large qui a été approuvée par le peuple en juin.
Cependant, ils ont échoué à empêcher l’abolition du taux de valeur locative, craignant des pertes fiscales sur les résidences secondaires. Un compromis a été trouvé, mais Rieder considère cela comme une « solution de façade ». Les cantons alpins se préparent maintenant à mobiliser les associations de locataires pour s’opposer à cette mesure.
Une démonstration de force à venir
Les cantons alpins s’apprêtent à se battre aux côtés des associations de locataires dans la bataille pour l’abrogation du taux de valeur locative, illustrant ainsi leur pouvoir continu et leur capacité à influencer la politique suisse.