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Au matin d’un jour de réveillon, de nombreux parents peuvent se retrouver réveillés par des cris d’enfants surexcités. Pour éviter ces désagréments, des espaces sans enfants, ou « no kids », apparaissent peu à peu en France, inspirés par des initiatives similaires aux États-Unis et en Asie. Hôtels, campings, croisières, et restaurants offrent maintenant la possibilité de profiter de lieux garantis sans enfants de moins de quinze ans.
La montée en popularité des espaces sans enfants
Échapper aux bruits souvent perçus comme intempestifs de la jeunesse est la principale motivation des adeptes de ces espaces. Ces derniers expriment également leur agacement face à des parents jugés trop laxistes, laissant leur progéniture courir et s’agiter sans limites dans des lieux publics.
Une tendance sociétale révélatrice
Cependant, la question se pose : ces espaces sans enfants peuvent-ils réellement se banaliser dans notre société ? Selon l’anthropologue Jean-Didier Urbain, cette tendance est un « symptôme » de l’évolution de notre société, de plus en plus centrée sur l’individu. Il souligne que « parce que nous n’arrivons pas à vivre ensemble, nous fragmentons, et rien n’indique que la tendance inverse soit pour bientôt ».
Parallèlement, la baisse de la natalité en Occident favorise cette évolution. Les familles font moins d’enfants et les conçoivent plus tard, rendant la vie sans enfants de plus en plus courante.
Le président du SETO, syndicat des tour-opérateurs français, prédit également que le « no kids » deviendra une prestation indispensable que tous devront offrir.
Réactions et débats autour du phénomène
Le développement de ces espaces suscite des réactions passionnées. D’un côté, les défenseurs de la liberté de choix du consommateur, et de l’autre, ceux qui dénoncent une société intolérante qui exclut les plus faibles, en particulier les enfants. Ce dernier groupe argue que réserver certains lieux aux adultes contribue à la disparition des enfants de l’espace public.
Confinés dans des espaces qui leur sont réservés, les enfants perdent l’opportunité d’interagir avec le monde adulte, ce qui peut nuire à leur développement. Ce paradoxe illustre la complexité de notre société, souvent qualifiée d’« enfant-roi », tout en traitant les enfants comme des parias.