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Ces jours-ci, les émotions s’intensifient en raison des alliances que les partis de l’Union ont établies au Bundestag avec l’AfD. Des parallèles sont fréquemment tirés avec la fin de la République de Weimar, mais ces comparaisons sont trompeuses. Il est essentiel de faire preuve de calme et de lucidité.
Les critiques des partis de l’Union
Les partis de l’Union subissent actuellement des attaques sévères de la part des médias ainsi que des partis SPD, Verts et de la Gauche pour leur coopération partielle avec l’AfD dans le cadre de la politique migratoire. Ces critiques évoquent des comparaisons avec la prise de pouvoir des nazis. Au début des années 30, des partis conservateurs auraient progressivement ouvert la voie aux nazis.
Une analyse historique erronée
Des personnalités comme Friedrich Merz sont souvent associées à des figures conservatrices telles que Franz von Papen, qui pensaient pouvoir contrôler les nazis, ce qui, comme nous le savons, n’a pas été le cas. Cependant, ces comparaisons sont inexactes et ne résistent pas à l’examen des faits historiques. Cela ne signifie pas qu’une coopération normale avec l’AfD soit acceptable, mais la dramatisation observée ces derniers jours est infondée.
À propos de l’expert Joachim Krause

Prof. Dr. Joachim Krause est directeur émérite de l’Institut de politique de sécurité de l’Université de Kiel et rédacteur en chef de SIRIUS. Il a été chercheur et, par la suite, maître de conférences, en plus de participer à des missions diplomatiques internationales. Son travail de recherche est documenté dans de nombreuses publications scientifiques.
Une vision nuancée de l’AfD
L’AfD est indéniablement un parti problématique, composé en partie de conservateurs ayant quitté l’Union ou le SPD par frustration. Toutefois, de nombreux membres rejettent l’ordre démocratique de la République fédérale. Certains de ses groupes régionaux sont considérés comme clairement extrémistes. D’autres partis, comme le SPD, ont également eu des éléments non conformes à la constitution en leur sein sans que des murs de séparation aient été envisagés.
Différences avec le nazisme
Il est crucial de ne pas comparer l’AfD à la NSDAP pour trois raisons fondamentales :
- Organisation hiérarchique : La NSDAP était une organisation dirigée de manière très hiérarchique avec de nombreuses sous-organisations, toutes visant le même objectif : l’acquisition du pouvoir, en diffusant une idéologie nationaliste et antisémite. En revanche, l’AfD est une coalition de différents groupes et n’est pas ancrée profondément dans la population.
- Absence de force paramilitaire : La NSDAP bénéficiait d’une milice paramilitaire, la SA, forte de 400 000 membres, qui a joué un rôle crucial dans son ascension. L’AfD ne dispose d’aucune structure comparable.
- Contexte socio-économique : Le climat social de l’époque était radicalement différent, marqué par un mécontentement généralisé dû à des crises économiques, tandis qu’aujourd’hui, la démocratie est généralement perçue comme légitime.
Réflexion sur la démocratie
Cela ne constitue pas un plaidoyer pour une coopération avec l’AfD, mais plutôt une invitation à davantage de sérénité face à ce parti. Notre démocratie ne souffrira pas si l’AfD soutient une proposition législative ou une résolution d’autres partis. Même si elle devait un jour participer à une coalition, cela ne compromettrait pas le système démocratique.
L’AfD reste une partie intégrante du paysage politique en tant que parti de protestation, profitant des échecs des partis du centre démocratique à gérer les questions de migration illégale et de régulations gouvernementales jugées trop intrusives par de nombreux citoyens.