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Les scientifiques alertent constamment sur l’effet catastrophique du dioxyde de carbone (CO2) sur le réchauffement climatique. Un autre sujet d’inquiétude majeur est le méthane, qui est plus de 28 fois plus puissant que le CO2 pour piéger la chaleur dans l’atmosphère. Principal composant du gaz naturel, le méthane est responsable d’environ un tiers du réchauffement que nous connaissons aujourd’hui. Une nouvelle carte a révélé les 10 zones les plus émettrices de méthane où les émissions de ce gaz puissant augmentent de manière incontrôlée.
Les zones les plus émettrices de méthane
Parmi ces zones figurent les zones humides naturelles de Sudd au Soudan du Sud, le bassin de Kuznetsk en Russie et trois champs de charbon en Chine. Ensemble, ces 10 sites émettent un total de 28,8 millions de tonnes de méthane par an, selon des experts de l’Université de Brême en Allemagne. Ils avertissent que ‘la concentration croissante de méthane dans l’atmosphère contribue de manière significative au réchauffement climatique’. Près de la moitié des émissions mondiales de méthane proviennent de sources anthropiques, principalement liées à l’exploitation des combustibles fossiles, à l’élevage, à la culture du riz et aux décharges, tandis que les émissions naturelles proviennent principalement des zones humides.
Les principales sources d’émissions
Les émissions de méthane des zones humides naturelles de Sudd au Soudan du Sud atteignent 4,5 millions de tonnes par an. Les émissions naturelles de ce gaz proviennent principalement des zones humides. Une étude récente a mesuré les émissions de méthane entre 2018 et 2021 à partir de centaines de sources potentielles, basées sur des données du satellite Sentinel-5P. Ce satellite détecte le méthane en mesurant l’absorption de longueurs d’onde spécifiques de la lumière infrarouge, agissant comme une ’empreinte digitale’. Un lieu était classé comme ‘émetteur persistant’ si les niveaux de méthane étaient systématiquement plus élevés que ceux de la zone environnante.
Les 10 régions émettrices de méthane (2018-2021)
- 1. Soudan du Sud (Sudd) – 4,5 millions de tonnes/an – zone humide
- 2. Turkménistan (côte ouest) – 3,5 millions de tonnes/an – pétrole et gaz
- 3. Argentine (Ibera) – 3,3 millions de tonnes/an – zone humide
- 4. Chine (Liaoning) – 2,9 millions de tonnes/an – autres sources anthropiques
- 5. Chine (Shanxi 1) – 2,6 millions de tonnes/an – charbon
- 6. Chine (Shanxi 2) – 2,6 millions de tonnes/an – charbon
- 7. Chine (Shanxi 3) – 2,4 millions de tonnes/an – charbon
- 8. Bangladesh (Dhaka) – 2,4 millions de tonnes/an – autres sources anthropiques
- 9. Russie (Bassin de Kuznetsk) – 2,4 millions de tonnes/an – charbon
- 10. États-Unis (Permien Delaware) – 2,2 millions de tonnes/an – pétrole et gaz
Impact du méthane sur le climat
Le méthane est un gaz à effet de serre puissant, responsable de plus de 25 % du réchauffement climatique que nous connaissons aujourd’hui. La ville de Dhaka au Bangladesh émet 2,4 millions de tonnes de méthane par an à partir d’autres sources anthropiques, qui peuvent inclure des décharges et des eaux usées. Le bassin de Kuznetsk en Russie, quant à lui, émet également 2,4 millions de tonnes, mais en raison de la combustion de charbon pour l’énergie. En tout, l’étude a identifié 217 emplacements où le méthane est émis, 7,8 % provenant du charbon, 7,8 % du pétrole et du gaz, et 30,4 % d’autres sources anthropiques.
Caractéristiques du méthane
Le méthane est un gaz incolore et inodore, et il constitue le principal élément du gaz naturel. Bien qu’il ait un effet de réchauffement plus puissant que le CO2, sa durée dans l’atmosphère est beaucoup plus courte avant de se décomposer. Sur une période de 20 ans, chaque kilogramme de méthane émis a un potentiel de réchauffement global plus de 80 fois plus puissant que le CO2.
Conclusion de l’étude
Un nombre relativement restreint de sources de méthane persistantes émettent une grande part des émissions mondiales. L’identification et la quantification de ces sources, souvent avec de grandes incertitudes concernant leurs émissions ou leur localisation, sont essentielles pour atténuer le changement climatique.