Table of Contents
En Syrie, les minorités ethniques et religieuses vivent dans la peur alors que les violences des forces de sécurité s’intensifient. Les atrocités commises en leur nom soulèvent des questions sur l’avenir de ces communautés fragilisées.
Des violences alarmantes
Les autorités syriennes ont récemment déclaré la fin des combats dans le nord-est du pays. Cependant, un rapport de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme révèle que la quasi-totalité des 1 068 civils tués, dont la majorité appartenait à la minorité alaouite, ont été victimes d’exécutions sommaires. Cette semaine a été la plus sanglante depuis la chute de Bachar al-Assad, alimentant des craintes pour la stabilité de la Syrie et suscitant l’inquiétude parmi d’autres minorités.
La peur règne à Soueïda
À Soueïda, une ville druze du sud de la Syrie, l’incertitude et la peur dominent. Le docteur Omar Obeid témoigne : « Il y a une véritable peur. Nous ne voulons plus des crimes de l’ancien régime. Des atrocités ont été commises au nom des forces de sécurité. Que je sois Druze, Alaouite ou autre, je ne veux pas être tué simplement parce que je ne partage pas la religion majoritaire. »
« Nous voulons une Syrie sans sectarisme »
Malgré la crainte, certains citoyens restent optimistes quant à une transition démocratique. Nawaf, un combattant rebelle, déclare : « Aujourd’hui, je ne veux pas d’un État druze, ni d’un État chiite ou alaouite. Nous sommes Syriens, et nous voulons une Syrie sans sectarisme. » Il affirme même qu’il rendra son arme si la sécurité et la paix reviennent.
Un nouveau gouvernement sous pression
Firas Kontar, un activiste de la révolution syrienne, est de retour à Soueïda après 14 ans d’exil. Il souligne les conséquences potentielles de ces violences sur sa ville : « Ça a été très vite instrumentalisé par des courants autonomistes. L’espoir est de voir un nouveau gouvernement plus ouvert. » Il insiste sur la nécessité d’une commission d’enquête pour rassurer les minorités et éviter que l’histoire ne se répète.
Espoir d’un avenir pacifié
Au-delà des Alaouites, Druzes et Kurdes, de nombreux Syriens aspirent à un pays pacifié et démocratique. Le 10 mars, le président par intérim Ahmed al-Charaa a signé un accord historique pour intégrer les institutions autonomes kurdes à l’État syrien, un pas important vers l’unité nationale alors que le chemin reste à tracer.
