Table of Contents
Dans l’épisode d’aujourd’hui d’Affaires sensibles, nous abordons l’affaire Albert Soleilland, une histoire tragique qui a marqué la France en 1906. À cette époque, la peine de mort semblait vouée à disparaître, mais les événements tragiques de cette année allaient bouleverser le débat public.
La fin d’une ère pour la peine capitale
En 1906, la guillotine semble vivre ses derniers instants. Le gouvernement français a présenté un projet de loi visant à abolir la peine de mort, avec le soutien indéfectible du président de la République, Armand Fallières. Ce dernier, fervent abolitionniste, avait pour habitude de gracier les condamnés à mort, renforçant ainsi l’espoir d’une abolition imminente.
Le drame de Marthe
Cependant, un fait divers tragique allait susciter une onde de choc dans l’opinion publique. La petite Marthe, disparue depuis plusieurs jours, est retrouvée morte, et son meurtrier, Albert Soleilland, est rapidement identifié. L’émotion et l’indignation montent lorsque le président Fallières annonce une nouvelle grâce pour le criminel, provoquant un tollé général dans la population.
Une campagne médiatique intense
La presse se saisit de l’affaire, amplifiant la colère du public. Les journaux orchestrent une intense campagne qui met en lumière les peurs d’une société qui se sent gangrenée par l’insécurité. Les membres du gouvernement commencent à douter de l’abolition de la peine de mort, craignant que cela ne soit interprété comme une faiblesse face à la criminalité. Cette pression médiatique contribue à faire reculer le projet d’abolition, qui devra attendre plus de 70 ans avant de se concrétiser.
Un récit documentaire
Cette affaire, relatée par Margot Boutges, est un exemple frappant de la lutte entre idéaux humanistes et la réalité brutale des faits divers à cette époque. Le débat sur la peine de mort a marqué une période charnière de l’histoire de France, où les émotions prenaient souvent le pas sur la raison.
Intervenant expert
Pour approfondir cette thématique, nous avons le plaisir d’accueillir Arnaud-Dominique Houte, historien et professeur à la Sorbonne, qui a récemment publié Les peurs de la Belle époque. Crimes, attentats, catastrophes et autres périls, chez Tallandier.
