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Après trois années de conflit intense entre l’Ukraine et la Russie, des signes encourageants laissent entrevoir une possible avancée vers un cessez-le-feu historique. Sous la pression grandissante des partenaires européens, Vladimir Poutine pourrait envisager une trêve avec Kyiv, une évolution analysée par Frédéric Encel, géopolitologue reconnu.
Une diplomatie en accélération
Le samedi 10 mai, les alliés européens, avec le soutien explicite des États-Unis, ont lancé un ultimatum au Kremlin en demandant un cessez-le-feu inconditionnel de trente jours, à compter du lundi 12 mai. Cette pause dans les hostilités ouvrirait la voie à des négociations directes. En réponse, Vladimir Poutine a proposé de tenir des pourparlers à Istanbul le jeudi 15 mai, invitation rapidement acceptée par le président ukrainien Volodymyr Zelensky dimanche soir.
Cette proposition marque une inflexion notable dans la position russe, longtemps réputée intransigeante, selon Frédéric Encel, professeur à Sciences-Po Paris et auteur de La guerre mondiale n’aura pas lieu.
Contexte et enjeux des négociations
Alors que la guerre a profondément bouleversé la région, l’ouverture vers un cessez-le-feu est perçue comme une étape cruciale pour stopper l’escalade militaire et engager un dialogue politique constructif. Cette dynamique intervient dans un contexte complexe, où Vladimir Poutine pourrait être préoccupé par des évolutions politiques internationales, notamment le maintien ou la perte du soutien de figures influentes comme Donald Trump.
Le cessez-le-feu proposé représente un défi majeur, car il nécessite l’accord non seulement des deux parties en conflit, mais aussi le soutien ferme des grandes puissances européennes et américaines, engagées dans un équilibre délicat entre pression diplomatique et soutien militaire à l’Ukraine.
Une image saisissante du conflit
Au cœur de cette crise, la vie quotidienne des combattants reste empreinte de tension et d’incertitude. Cette photographie, prise le 9 mai 2025 dans la région de Dnipropetrovsk, illustre un soldat ukrainien du 24e bataillon d’assaut séparé « Aidar » prenant une pause cigarette entre deux rotations, un instant de répit dans un contexte de guerre intense.
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Analyse géopolitique : une possible inflexion russe
Frédéric Encel souligne que cette proposition de pourparlers constitue une rupture symbolique dans la politique russe. Après des années de conflit et de refus catégorique de négocier sans conditions préalables, Moscou semble désormais prêt à envisager un dialogue direct avec Kyiv. Cette évolution pourrait ouvrir la voie à un accord de cessez-le-feu durable.
Pour l’expert, ce tournant est aussi le reflet des pressions multiples que subit Vladimir Poutine, tant sur la scène internationale que politique intérieure, et d’un calcul stratégique visant à préserver ses intérêts face aux réactions occidentales.