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    Cinq graphiques pour comprendre la finance mondiale après 2008

    France, États-Unis

    Depuis la crise financière de 2008, le monde de la finance a subi des changements significatifs. Certaines évolutions sont rassurantes, tandis que d’autres suscitent des inquiétudes. Voici une revue détaillée de ces transformations à travers cinq graphiques.

    Les États, emprunteurs les plus dynamiques sur les marchés

    Les acteurs privés non financiers, tels que les ménages et les entreprises, empruntent davantage que les États. Selon les dernières données de l’Institute of International Finance, à la fin 2024, la dette totale mondiale des ménages et des entreprises s’élevait à environ 138 000 milliards d’euros contre 88 000 milliards d’euros pour les États.

    Les États ont été les emprunteurs les plus dynamiques sur les marchés obligataires depuis la crise.

    Cette image de la dette à un instant T ne révèle pas l’évolution des dernières années. En effet, les États se sont révélés être des emprunteurs très actifs sur les marchés obligataires depuis 2008. Les acteurs économiques peuvent émettre des obligations, une pratique que les États ont largement adoptée.

    Entre le premier trimestre 2009 et le dernier trimestre 2024, les crédits bancaires aux ménages ont progressé de 44 %, et ceux aux entreprises de 67 %. En parallèle, les obligations émises par les entreprises ont crû de 117 % et les emprunts obligataires des États de 162 %.

    La crise financière, la pandémie mondiale et l’invasion de l’Ukraine ont accru les déficits et les dettes publiques, mais également, pour certains pays, une mauvaise gestion budgétaire. Désormais, « les créances sur l’État ont remplacé le crédit au secteur privé comme principal moteur de la croissance globale du crédit », précise la BRI.

    Une baisse de l’endettement des acteurs financiers

    La BRI note que durant les quinze années suivant la crise, les dettes des institutions financières, telles que les banques et les fonds d’investissement, ont cessé de croître, avec un poids équivalent à 77,7 % du PIB mondial à la fin 2024, contre 89 % au premier semestre 2008.

    Cela est significatif car la forte progression de la dette des acteurs financiers avait été l’une des causes de la bulle spéculative du début des années 2000, atteignant 58,6 % du PIB au début de l’an 2000 avant d’atteindre 89 % début 2008. Un recours croissant à l’endettement des banques et des fonds d’investissement a toujours été un signe de forte spéculation, annonciateur de crises financières futures.

    La finance de l’ombre dépasse les banques

    Depuis 2007-2008, une transformation notable est survenue dans la hiérarchie de l’intermédiation financière entre les banques et les autres acteurs de la finance. Les ménages et les entreprises peuvent choisir de placer leur épargne auprès des banques ou des fonds d’investissement.

    Au début de la crise, les deux types d’acteurs avaient un poids comparable. Entre 2009 et 2023, les actifs gérés par les banques sont passés de 164 % à 177 % du PIB mondial, tandis que ceux des acteurs financiers non bancaires ont augmenté de 167 % à 224 %.

    La croissance rapide de cette « finance de l’ombre » inquiète les régulateurs, notamment en raison de l’augmentation des liens avec le secteur bancaire, tant aux États-Unis qu’en France.

    Une nouvelle mondialisation financière

    Toutes ces transformations ont remodelé la mondialisation financière. Selon la BRI, « après la crise financière mondiale, l’intermédiation financière internationale s’est déplacée des activités des banques impliquées dans les prêts transfrontaliers vers celles des investisseurs de portefeuille internationaux sur les marchés obligataires mondiaux ».

    Les banques jouent toujours un rôle crucial dans cette évolution en offrant des services de couverture des risques de change aux créanciers investissant mondialement. Cela a permis aux acteurs financiers non bancaires d’accroître leur importance dans le financement des dettes publiques, notamment de la dette américaine, où environ 90 % des activités de couverture de change sont liées au dollar.

    La montée en puissance des stablecoins

    Dans un chapitre spécial consacré aux cryptoactifs, la BRI souligne qu’il est difficile de prédire le rôle exact des stablecoins dans le système monétaire et financier mondial. Cependant, elle préfère que leur impact soit le plus limité possible.

    Les stablecoins sont des cryptomonnaies dont l’émission est soutenue par des réserves, permettant aux détenteurs de les échanger contre de la monnaie fiduciaire, souvent des dollars. Contrairement à d’autres cryptos comme le Bitcoin, les stablecoins offrent une valeur plus stable.

    Cependant, la BRI met en garde contre les risques associés à ces actifs, notamment l’absence de garantie d’une banque centrale pour les transactions et les fluctuations potentielles de valeur entre différentes cryptos. De plus, l’anonymat des transactions pourrait favoriser des activités illicites.

    Les émetteurs de stablecoins investissent généralement en bons du Trésor américains, devenant ainsi des acteurs significatifs sur le marché de la dette publique. Si ces émetteurs rencontrent des difficultés, cela pourrait affecter le plus grand marché des dettes publiques.

    La BRI n’apprécie guère ces nouvelles « monnaies » et la concurrence qui en découle.

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