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Un juge fédéral américain a récemment rejeté la demande d’Apple visant à faire annuler une action en justice intentée par le gouvernement américain. Cette action accuse le géant technologique d’avoir mis en place des barrières illégales destinées à protéger l’iPhone de la concurrence et à augmenter ses marges bénéficiaires. L’affaire cherche à percer la forteresse numérique qu’Apple a érigée autour de ses produits, tels que l’iPhone et l’iPad, afin de créer un « jardin clos » où matériel et logiciels s’intègrent harmonieusement pour les utilisateurs.
Les accusations du ministère de la Justice
En mars 2024, le ministère américain de la Justice (DOJ) a ouvert une vaste procédure antitrust contre Apple. La plainte allègue que le fabricant de l’iPhone exploite un monopole illégal sur le marché des télécommunications, nuisant ainsi aux consommateurs, aux développeurs et aux entreprises concurrentes. Selon cette plainte, les pratiques d’Apple excluent les concurrents, étouffent l’innovation et maintiennent les prix à un niveau artificiellement élevé.
Le rejet de la demande d’Apple
Apple a tenté de faire rejeter la plainte, soutenant que le ministère de la Justice avait déformé les contours du marché des smartphones. Cependant, le juge fédéral Xavier Neals, du New Jersey, a décidé qu’il y avait suffisamment de preuves pour avancer dans l’affaire. Le jugement, qui s’étend sur 33 pages, permettra à la poursuite antitrust d’aller de l’avant, avec un calendrier qui pourrait voir l’affaire jugée en 2027. Le juge a déclaré que les allégations méritaient un examen approfondi lors du procès.
Les implications pour Apple
Cette affaire met en lumière les pratiques d’Apple qui, selon le ministère de la Justice, ont transformé son « jardin clos » en un bouclier contre la concurrence. Cela crée des conditions de marché permettant à la société de pratiquer des prix plus élevés et d’étouffer l’innovation. Le juge Neals a noté que le procès présente plusieurs allégations de barrières technologiques qui pourraient constituer un comportement anticoncurrentiel.
La réponse d’Apple et d’autres défis juridiques
Dans une déclaration, Apple a réitéré que l’affaire du ministère de la Justice est « erronée sur le plan factuel et juridique » et a promis de la contester vigoureusement en justice. Ce procès antitrust n’est pas le seul défi juridique auquel Apple est confronté. En avril, un autre juge fédéral a interdit à Apple de percevoir des frais sur les transactions dans les applications sur l’iPhone, si celles-ci passent par d’autres options que son propre système de paiement.
Des enjeux financiers considérables
Apple pourrait également perdre plus de 20 milliards d’euros de paiements annuels qu’elle perçoit pour avoir sélectionné Google comme moteur de recherche par défaut sur ses appareils. Un juge fédéral examine actuellement la possibilité d’interdire ces accords, dans le cadre d’une autre affaire antitrust. La situation d’Apple est donc précaire, avec des bénéfices qui ont atteint 94 milliards d’euros sur un chiffre d’affaires de 295 milliards d’euros pour l’exercice fiscal dernier.
Un procès collectif en perspective
Récemment, Apple a également été confrontée à une action en justice intentée par le fabricant d’applications Proton. Ce procès, visant à obtenir la certification en tant que recours collectif, représente des milliers de développeurs d’applications. Il réclame des dommages-intérêts punitifs contre Apple, ainsi qu’une ordonnance du tribunal pour démanteler son jardin clos.
