Table of Contents
Les cours du pétrole ont repris de la vigueur jeudi à la veille d’une rencontre très scrutée entre Donald Trump et Vladimir Poutine en Alaska, une réunion susceptible d’influencer l’accès au brut russe et, par ricochet, l’évolution des prix mondiaux.
Rencontre Trump‑Poutine en Alaska : nervosité des marchés avant vendredi
Les marchés ont réagi à l’approche du tête‑à‑tête entre les présidents américain et russe, attendu vendredi en Alaska. Selon des opérateurs interrogés, l’incertitude liée aux propos que tiendra Donald Trump nourrit une certaine volatilité. «Le marché est donc très nerveux», commente auprès de l’AFP Stephen Schork, de The Schork Group. «Il y a notamment quelques inquiétudes quant à ce que Donald Trump va dire», estime l’analyste.
Le président américain a déclaré jeudi que seul un sommet tripartite incluant aussi Volodymyr Zelensky pourrait sceller un accord de paix en Ukraine, reprenant l’idée qu’il faudrait «partager» des territoires. À la radio Fox News, il a assuré que la rencontre de vendredi «va ouvrir la voie à une autre», tout en évaluant à «25%» le risque d’échec de ce tête‑à‑tête. La veille, Donald Trump a averti que la Russie ferait face à des «conséquences très graves» si elle n’acceptait pas de mettre fin à la guerre, sans donner de détails supplémentaires.
Cours et chiffres : Brent à 66,84 $ (61,49 €) et WTI à 63,96 $ (58,84 €)
Jeudi, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre a progressé de 1,84 % à 66,84 dollars ; son équivalent américain, le West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en septembre, a gagné 2,09 % à 63,96 dollars. Convertis en euros, ces niveaux représentent respectivement environ 61,49 € pour le Brent et 58,84 € pour le WTI.
Cette hausse traduit le mouvement de risque sur les marchés énergétiques à la veille du sommet : toute décision susceptible d’aggraver les sanctions contre la Russie ou de restreindre l’accès au pétrole russe pourrait mécaniquement pousser les cours à la hausse, Moscou étant l’un des principaux exportateurs mondiaux.
Incertitudes sur les sanctions russes et réactions des acteurs du marché
Plusieurs intervenants expliquent que la crainte d’une extension des sanctions pèse sur les anticipations. «Certains opérateurs craignent que si la rencontre ne se passe pas bien, nous assistions à des sanctions plus sévères sur le brut russe, privant ainsi le monde de ce pétrole ou rendant son accès au marché beaucoup plus difficile», souligne Stephen Schork. Une réduction effective des volumes russes disponibles sur le marché international pourrait soutenir durablement les prix.
Par ailleurs, Donald Trump a évoqué cet été l’éventualité d’appliquer des droits de douane sur les produits issus des pays acheteurs de brut russe, en visant spécifiquement l’Inde, ce qui ajoute un autre vecteur d’incertitude sur les flux commerciaux.
Selon Arne Lohmann Rasmussen, de Global Risk Energy, «les attentes pour la réunion (de vendredi) changent presque d’heure en heure», ce qui rend très incertaine l’évolution à court terme des prix du brut et complique la prise de position des investisseurs.
Offre mondiale et stocks : le rôle de l’AIE et de l’Opep+
En parallèle des risques géopolitiques, les perspectives d’offre pèsent aussi sur les prix. Le rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) publié mercredi prévoit la constitution de stocks importants de pétrole en fin d’année et en 2026. L’AIE met en avant une production plus abondante des membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et de ses alliés (Opep+) qui ont rehaussé leurs quotas ces derniers mois.
Cette combinaison — potentielle augmentation des stocks d’un côté et risques géopolitiques liés à l’accès au brut russe de l’autre — explique la nervosité actuelle : selon les acteurs, la direction des cours dépendra autant des décisions politiques émanant du sommet en Alaska que des flux physiques et des ajustements de production des pays exportateurs.