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Moulins a été, cet été, le théâtre d’une vive controverse autour du spectacle historique « Murmures de la cité », accusé d’occulter certains pans de l’histoire et de refléter des influences politiques contestées.
À Moulins, un spectacle au cœur d’une bataille politique (11–13 juillet 2025)
Rarement murmures auront fait autant de bruit. Du 11 au 13 juillet 2025, la préfecture de l’Allier et ses abords ont accueilli la représentation de « Murmures de la cité », mise en scène comme une reconstitution historique à la manière du Puy du Fou. Selon le compte rendu des soirées, environ 700 personnes par soir ont assisté à cette série de représentations.

Le spectacle, porté par un collectif autour du jeune militant identitaire Guillaume Senet, a été décrit par ses organisateurs comme une mise en scène de l’histoire nationale. Sa forme et son ambition ont toutefois suscité des réactions immédiates et opposées : d’un côté, des relais médiatiques et forces d’extrême droite se sont mobilisés en faveur de l’événement ; de l’autre, des acteurs de gauche, des syndicats et des chercheurs ont dénoncé la tonalité et certains choix historiques du spectacle.
« Murmures de la cité » témoigne des influences fascistes de ses concepteurs.
Critiques et opposants ont reproché à la production de « passer sous silence » certains épisodes, notamment la Révolution française et le rôle collaborationniste de Vichy, et ont mis en avant des éléments stylistiques et idéologiques qu’ils jugent proches des mouvements d’extrême droite.
À l’issue du bras de fer, la première campée dans le débat public a pu revendiquer une nette victoire, essentiellement imputée au soutien constant de collectivités locales et d’élus locaux qui ont maintenu leur appui à l’organisation des représentations.
Déroulement et acteurs impliqués
Les représentations se sont tenues dans l’espace public autour de la préfecture, attirant un public nombreux pour des soirées de reconstitution. Le metteur en scène et principal organisateur identifié est Guillaume Senet, présenté dans les comptes rendus comme un jeune militant identitaire et, selon des documents cités dans la controverse, admirateur d’antisémites convaincus. Le spectacle a été perçu par ses partisans comme une mise en valeur d’un récit national alternatif ; pour ses détracteurs, il s’agit d’une mise en scène politisée au service d’un message d’exclusion.
Financement et réactions politiques
La polémique s’est intensifiée lorsqu’un logo noir sur fond blanc est apparu parmi les soutiens : celui du Fonds du bien commun, le projet caritatif et religieux du milliardaire conservateur Pierre-Edouard Stérin. Le montant du soutien privé lié à ce logo n’a pas été rendu public et reste inconnu.
Cette apparition a alerté plusieurs acteurs politiques locaux. Le député communiste de l’Allier, Yannick Monnet, qui siège également comme conseiller municipal d’opposition à Moulins, a saisi la presse et demandé à la ville le retrait de la subvention attribuée à l’événement. Les demandes de clarification sur le financement et sur l’éventuelle utilisation de fonds publics ont constitué l’un des axes de la controverse.
Parallèlement, des organisations syndicales et des milieux académiques ont exprimé leur opposition à la présentation historiographique du spectacle, tandis que des groupes et médias proches de l’extrême droite ont célébré l’initiative et contribué à sa diffusion.
Le dossier illustre la manière dont un événement culturel local peut devenir, en quelques jours, un enjeu politique et médiatique national, en croisant questions de mémoire, financement et visibilité publique sans que l’ensemble des acteurs parvienne à un consensus.