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Le sommet virtuel réuni à l’initiative du chancelier allemand Friedrich Merz a rassemblé, mercredi, le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy, des dirigeants européens et le président américain Donald Trump, dans un ultime effort diplomatique avant la rencontre prévue entre Trump et Vladimir Poutine en Alaska. Cette réunion vise à défendre les intérêts de l’Ukraine et à tenter d’imposer un cadre minimal — notamment un cessez-le-feu et des garanties de sécurité — pour toute négociation future. Le terme « rencontre Trump Poutine Ukraine » s’est imposé au centre des débats internationaux durant cette journée de consultations.
Contexte et participants
La convocation cherchait à assurer que Donald Trump entende les positions européennes avant son entretien bilatéral avec Vladimir Poutine, annoncé pour le 15 août en Alaska. Les appels de la journée ont mobilisé des responsables de haut niveau afin d’éviter que la réunion Trump‑Poutine se transforme en un rendez‑vous excluant l’Ukraine.
Parmi les participants figuraient :
- Le chancelier allemand Friedrich Merz ;
- Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy ;
- Le président américain Donald Trump et le vice‑président JD Vance ;
- Des dirigeants européens notamment Giorgia Meloni (Italie), Keir Starmer (Royaume‑Uni), Emmanuel Macron (France) et le Premier ministre des Pays‑Bas Dick Schoof.
Déroulement de la journée
La séquence a commencé vers midi GMT par une vidéoconférence entre Zelenskyy, des chefs d’État européens et des membres de l’OTAN. Environ une heure plus tard, Trump et le vice‑président Vance ont rejoint les discussions.
Les échanges se sont poursuivis par des déclarations conjointes du chancelier Merz et du président Zelenskyy à Berlin, puis par une allocution séparée de Donald Trump au Kennedy Center à Washington.
Parallèlement, un groupe de 31 pays, désigné « Coalition of the Willing », a tenu une session virtuelle distincte et publié une déclaration commune réaffirmant son soutien renforcé à l’Ukraine.
Points clés des dirigeants européens
Les dirigeants européens ont exprimé des demandes claires à l’adresse de la future rencontre en Alaska.
- Respect des intérêts de sécurité européens et ukrainiens lors du sommet.
- Présence de l’Ukraine à toute discussion sur son avenir et priorité à un cessez‑le‑feu comme première étape.
- Refus que des décisions territoriales concernant l’Ukraine soient prises sans son consentement.
- Renforcement des garanties de sécurité crédibles pour l’Ukraine si un accord de paix devait être négocié.
- Maintien d’un soutien ferme et inébranlable de la part des partenaires européens et américains.
Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité de poursuivre le soutien collectif « des Européens et des Américains », tandis que le porte‑parole du Premier ministre Keir Starmer a qualifié le soutien britannique d’« inébranlable ».
Déclarations de Volodymyr Zelenskyy
Lors de la conférence de presse conjointe avec Friedrich Merz, Zelenskyy a rejeté les intentions de la Russie de négocier au‑delà des objectifs d’occupation qu’il qualifie de bluff.
- « Les discussions à notre sujet, sans nous, ne fonctionneront pas », a‑t‑il dit.
- Il a demandé la mise en place d’un format trilatéral incluant l’Ukraine et réclamé un cessez‑le‑feu comme condition préalable.
- Zelenskyy a réclamé des garanties de sécurité « réellement fiables » et a réaffirmé qu’il était inacceptable que la Russie puisse entraver la voie de l’Ukraine vers l’UE ou l’OTAN.
- Enfin, il a appelé à un renforcement des sanctions si la Russie refuse d’accepter un cessez‑le‑feu lors du sommet en Alaska.
Le président ukrainien a ainsi posé des principes clairs devant la communauté internationale pour toute avancée concrète.
Conférence de presse de Donald Trump
Après la visioconférence, Donald Trump s’est exprimé au Kennedy Center et a qualifié l’échange de « très amical » et « excellent ». Il a évoqué la possibilité d’une seconde rencontre, plus productive, avec Vladimir Poutine.
- Trump a dit envisager un suivi impliquant éventuellement Poutine, Zelenskyy et lui‑même, si les parties le souhaitent.
- Il prévoit d’appeler Zelenskyy et d’autres dirigeants européens après son entretien avec Poutine.
- Il a averti qu’il y aurait des « conséquences très graves » pour la Russie si Poutine refuse de mettre fin à la guerre à l’issue du sommet.
Interrogé sur la capacité à convaincre Poutine de renoncer aux attaques contre des civils, Trump a reconnu la difficulté mais réaffirmé sa volonté d’atteindre une solution.
La « Coalition of the Willing » : exigences formulées
La coalition de 31 pays a publié une déclaration identifiant quatre exigences qu’elle estime essentielles pour encadrer les discussions en Alaska.
- Des négociations signifiantes ne peuvent se tenir qu’en contexte d’un cessez‑le‑feu ou d’une cessation substantielle et durable des hostilités.
- Si la Russie refuse le cessez‑le‑feu, il convient d’intensifier les sanctions et autres mesures économiques visant à affaiblir l’économie de guerre russe.
- Les frontières internationales ne doivent pas être modifiées par la force.
- L’Ukraine doit obtenir des garanties de sécurité robustes, avec la Coalition prête à aider, y compris par le déploiement d’une force de réassurance après la fin des hostilités.
La déclaration précise aussi qu’aucune limitation ne doit être imposée aux forces armées ukrainiennes ou à leur coopération avec des pays tiers, et que la Russie ne peut pas opposer son veto à la voie de l’Ukraine vers l’UE ou l’OTAN.
Quel poids pour l’intervention européenne sur la rencontre en Alaska ?
Les effets concrets de cette mobilisation restent incertains, mais l’ensemble des appels a montré qu’il est difficile pour Trump d’ignorer l’Europe.
Les analystes soulignent que :
- La mobilisation européenne a permis d’obliger Trump à prendre en compte les positions du continent avant sa réunion avec Poutine.
- Les pressions économiques et financières européennes pèsent sur la Russie, avec des banques européennes détenant des actifs gouvernementaux russes importants.
- Sans le concours européen, il sera difficile d’atteindre une solution durable pour l’Ukraine, estiment certains observateurs.
Position actuelle de la Russie
Le ministère russe des Affaires étrangères a indiqué que la position de Moscou reste conforme aux déclarations de Vladimir Poutine faites en juin 2024.
Les conditions posées par la Russie comprenaient :
- Un cessez‑le‑feu immédiat conditionné au retrait ukrainien de quatre régions partiellement occupées : Donetsk, Louhansk, Kherson et Zaporijia ;
- L’exigence que l’Ukraine abandonne formellement sa candidature à l’adhésion à l’OTAN.
Actuellement, la Russie contrôle environ 19 % du territoire ukrainien, incluant la Crimée dans son intégralité et des portions importantes des régions de Donetsk, Louhansk, Zaporijia et Kherson.
La tenue du sommet en Alaska s’annonce donc déterminante pour tester la possibilité d’un déplacement des positions ou d’un renforcement des lignes de fracture internationales.
Images de la journée
Photographies prises lors des conférences de presse et des sessions virtuelles illustrant les échanges entre dirigeants.


