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Fermeture partielle du centre pour mineurs de Marseille

by charles
France

La contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) a publié fin juillet un avis demandant la fermeture, au moins partielle, de l’établissement pénitentiaire pour mineurs de Marseille-La Valentine. L’inspection conduite en juillet par la CGLPL et ses équipes a révélé des conditions jugées indignes, notamment en matière d’hygiène, de vie quotidienne et d’organisation du personnel. Face à ces constats, Dominique Simonnot a décrit une situation qui nécessite des mesures urgentes et une réorganisation en profondeur, et le garde des Sceaux a répliqué en ordonnant une inspection indépendante.

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Rapport d’inspection et constatations sur les conditions de vie des mineurs détenus.

Fermeture partielle du centre pour mineurs de Marseille

La contrôleure Dominique Simonnot a qualifié la recommandation de « très rare mais je ne vois pas autre chose que de fermer pour rouvrir dans de meilleures conditions ». Dans l’établissement de Marseille-La Valentine, elle et ses collègues ont constaté des « mesures urgentes » à prendre pour remédier à « l’indignité des conditions matérielles de prise en charge des mineurs détenus » et aux conséquences de « la démobilisation et de l’absence du personnel pénitentiaire et éducatif ».

Les inspecteurs ont observé des murs couverts de graffiti, parfois évoquant de la matière fécale ou du sang, des salles d’eau dépourvues de portes et des matelas en mauvais état. Le rapport précise que des locaux sont dépourvus d’assise et d’accès à l’eau potable, et que la nourriture reste frugale alors que les jeunes déclarent avoir faim. Le ministre a répliqué que des travaux ont été effectués entre 2024 et 2025 mais que les dégradations seraient imputables à la population pénale mineure; il prévoit la fermeture « d’une à deux unités » pour la réfection progressive des cellules en septembre.

La pratique dite de « mise en grille » a été dénoncée comme dégradante et « doit être immédiatement et définitivement proscrite ». La contrôleure a expliqué que celle-ci était destinée à répondre exceptionnellement à l’absence de salle d’attente lors d’incidents; l’arrêt immédiat de cette pratique a été acté le 20 août. Dans l’évaluation elle a ajouté que « ces enfants sont laissés à l’abandon, enfermés 23 heures sur 24 heures » et a appelé à donner au personnel les moyens de répondre aux besoins des mineurs détenus, notamment en matière d’éducation et de surveillance.

Sur le volet quotidien, la CGLPL souligne les difficultés pour les mineurs d’accéder à l’hygiène et à des produits de première nécessité, et rappelle les restrictions imposées dans l’établissement, notamment la gratuité partielle de certains services et l’interdiction de certains aménagements comme les rideaux sur les fenêtres; des mesures telles que le ventilateur gratuit ne bénéficient qu’aux jeunes reconnus sans ressources. Le rapport souligne aussi le contexte plus large des EPM, ouverts en 2007 pour dédier l’éducatif et limiter le surpeuplement des quartiers mineurs, mais qui souffrent désormais d’absentéisme et de pénurie de personnel.

Réponses officielles et suites prévues

Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a annoncé avoir « diligenté une inspection de l’établissement confiée à l’inspection générale de la justice », après les conclusions de l’avis. Le gouvernement indique que des travaux ont été réalisés entre 2024 et 2025, mais que les dégradations les plus graves seraient imputables à la population pénale mineure; il ajoute qu’une à deux unités seront fermées en septembre pour la réfection progressive des cellules.

La contrôleur a ensuite rappelé que « l’arrêt immédiat » de la mise en grille est nécessaire et que les mineurs étaient « laissés à l’abandon ». Dominique Simonnot a réclamé que l’administration pénitentiaire et la protection judiciaire de la jeunesse mettent les moyens nécessaires pour répondre aux besoins des mineurs détenus et pour garantir l’accès à l’éducation et à des mesures de surveillance adaptées.

Sur le cadre opérationnel, les autorités évoquent la nécessité d’un meilleur accompagnement éducatif, de l’accès gratuit à certains services et d’un contrôle renforcé sur les conditions d’incarcération. Ces constats s’inscrivent dans un débat plus large sur la sécurité et les droits des mineurs dans le système pénitentiaire français, comme l’indiquent les rapports des institutions et des observatoires.

Ouverts en 2007, les six EPM répartis sur le territoire avaient pour mission de réduire les dysfonctionnements des quartiers des mineurs. Le faible taux d’absentéisme du personnel et la privation de scolarité restent des enjeux majeurs, selon les rapports des autorités et des associations spécialisées.

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Images et témoignages issus de l’inspection décrivant les conditions de vie des mineurs.

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