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Fin de l’exemption sur les petits colis vers les États-Unis

by charles
États-Unis et Europe (UE)

La fin de l’exemption de droits de douane pour les petits colis entrants vers les États‑Unis, annoncée par décret publié le 30 juillet, modifie le cadre de l’importation et vise à réduire le flux de narcotiques et de produits dangereux. Seuls les « cadeaux reçus de bonne foi » à titre privé et d’une valeur inférieure à 100 dollars pourront encore bénéficier de l’exemption; les autres colis seront soumis aux droits de douane habituels, avec des taux qui vont de 10 %, ou 15 % pour les colis en provenance de l’Union européenne et jusqu’à 50 % pour l’Inde et le Brésil. Le volume des colis postaux a explosé aux États‑Unis, passant de 134 millions d’unités en 2015 à plus de 1,36 milliard en 2024, selon les chiffres du gouvernement. L’agence postale de l’ONU (UPU) a indiqué que 25 pays avaient décidé de suspendre leurs livraisons vers les États‑Unis, en raison des incertitudes liées à la mise en œuvre.

Éléments clés de la mesure et ses premiers effets

« Mettre fin à cette lacune permettra de sauver des milliers de vies en réduisant le flot de narcotiques et de produits dangereux et interdits », a assuré un responsable américain lors d’un point presse.

La mesure prévoit qu’il revient aux transporteurs et autres parties autorisées à percevoir à l’avance les droits de douane, auprès des expéditeurs, puis de les reverser aux autorités américaines. Seuls les « cadeaux reçus de bonne foi » restent exonérés pour une valeur inférieure à 100 dollars, et « faute d’informations complémentaires sur les conditions techniques d’envoi des colis vers les États‑Unis, de la part de la douane américaine, nous n’avons d’autre choix que de suspendre temporairement ces envois », a confirmé un responsable de La Poste en France.

Petit colis international expédié vers les États-Unis
Exemple d’envoi de petits colis international vers les États‑Unis

Pour les très petites entreprises, le coût supplémentaire peut être lourd. Elizabeth Nieburg, entrepreneuse britannique qui vend des chaussettes et sous‑vêtements à ses clients américains, a déclaré à l’AFP: « Nos marges sont trop réduites pour pouvoir absorber » ce coût supplémentaire.

Ken Huening, basé en Californie, s’inquiète: « Les tissus et la fabrication ne sont pas disponibles aux États‑Unis actuellement. Ce sera peut-être le cas dans le futur, mais d’ici là, nous aurons mis la clé sous la porte », s’inquiète‑t‑il.

Des mesures similaires ont été signalées par des opérateurs postaux européens: La Poste en France et la Deutsche Post en Allemagne ont pris des dispositions, et d’autres services de postes européens, notamment en Belgique, en Autriche ou au Danemark, ont également suspendu temporairement leurs livraisons vers les États‑Unis.

Illustration d’envois de colis postaux internationaux
Illustration des envois postaux et des incertitudes liées au nouveau régime douanier

Les autorités estiment que les services postaux étrangers doivent se resaisir pour mieux contrôler le courrier international et éviter les détournements des droits, mais les détails techniques restent à préciser. L’écho de ces mesures se fait sentir dans les échanges entre États et dans les chaînes logistiques: des perturbations qui affectent des entreprises de petite taille comme des grandes plateformes, et qui suscitent des interrogations sur les coûts et les délais.

En Europe, certaines voix soulignent la nécessité de clarifications et de coordination avec les partenaires américains, afin d’éviter des retours en arrière pour les consommateurs et les commerces transatlantiques. Les services postaux et les autorités douanières travaillent encore à des ajustements et à des communications plus précises sur le calendrier et les conditions opérationnelles.

Au-delà des chiffres et des mesures, la question centrale reste celle de l’équilibre entre sécurité et fluidité commerciale: les autorités américaines insistent sur le fait que la fin de l’exemption est « une surprise pour personne » et que les mesures visent à protéger la santé et la sécurité publiques, tandis que les opérateurs et les entrepreneurs souhaitent des procédures claires et des marges suffisantes pour continuer à servir leurs clients internationaux.

Réactions et implications pour les acteurs concernés

Elizabeth Nieburg a résumé les tensions économiques: « Nos marges sont trop réduites pour pouvoir absorber » ce coût supplémentaire, alors que ses clients américains représentent 20 % de son chiffre d’affaires. D’autres témoignages pointent l’inquiétude des petites entreprises qui dépendent de livraisons transatlantiques pour leur activité.

Ken Huening, fabricant basé en Californie et utilisant des chaînes de production en Chine et au Mexique, souligne les incertitudes logistiques et commerciales: « Les tissus et la fabrication ne sont pas disponibles aux États‑Unis actuellement. Ce sera peut‑être le cas dans le futur, mais d’ici là, nous aurons mis la clé sous la porte », affirme‑t‑il.

Du côté des opérateurs postaux européens, les réactions confluent autour de la nécessité d’un cadre clair et opérationnel; La Poste a évoqué une contrainte due au calendrier et à des spécifications techniques encore incomplètes, et d’autres opérateurs européens ont pris des mesures analogues pour limiter les risques et les coûts.

Ces réactions mettent en lumière les tensions entre la sécurité du système et la continuité du commerce international, avec des effets possibles sur les chaînes d’approvisionnement, les délais de livraison et le pouvoir d’achat des consommateurs européens et américains. L’évolution de la situation dépendra des clarifications officielles et de l’adaptation des réseaux logistiques.

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