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Les États‑Unis annoncent des frais annuels de 100 000 dollars pour les visas de travail H‑1B, très prisés par les géants de la tech et les spécialistes des domaines STEM. Cette mesure, présentée comme une priorité pour les travailleurs américains, s accompagne d une disposition relative à une carte de séjour dite dorée et d une possible révision du dispositif d immigration professionnelle. Les chiffres officiels montrent qu un volume important de visas H‑1B a été approuvé ces dernières années, et la décision suscite des réactions tant dans l industrie que sur le plan international, notamment en Inde, grand pourvoyeur de demandeurs. Le contexte rappelle que des discussions publiques et des débats sur l équilibre entre mobilité des talents et protection des emplois nationaux existent depuis plusieurs années.

Frais, mécanismes et calendrier
Le décret signé par le président Donald Trump prévoit des frais annuels de 100 000 dollars pour les visas de travail H‑1B, utilisés notamment par des ingénieurs, des scientifiques et des programmeurs informatiques, afin de favoriser l emploi national. La mesure doit entrer en vigueur dimanche, avec des indications publiques selon lesquelles la procédure tarifaire sera effective à 0h01 dimanche.
Dans les explications officielles, la Maison Blanche affirme que l objectif est de dissuader le recours à des travailleurs étrangers lorsque des candidats américains formés peuvent être recrutés. Des échanges publics soulignent que les grandes entreprises technologiques devront assumer ces coûts, lesquels s accompagnent d un message en faveur de la formation d Américains dans les universités et les programmes nationaux.
Le décret décrit également une procédure accélérée de demande pour les étrangers qualifiés participant à une carte dorée, disponible contre le paiement d un million de dollars au Trésor américain, ou, si une entreprise les parraine, deux millions de dollars. Un conseiller de Donald Trump a précisé que les demandeurs bénéficieront d un traitement accéléré de la procédure de visa lorsque ces conditions sont remplies. Cela s inscrit dans un ensemble de mesures anti‑immigration présentées comme complémentaires à l effort de contrôle des flux internationaux.
Des remarques publiques reprennent des formules prononcées lors de la présentation officielle, notamment que l idée générale est que les grandes entreprises de la tech ou d autres secteurs ne formeront plus de travailleurs étrangers, et qu il faut former des Américains dans les meilleures universités pour limiter l apport de talents internationaux pour occuper des postes locaux. Des responsables ont aussi souligné que toutes les grandes entreprises semblent se déclarer partantes face à ce dispositif.
Chiffres clés et bénéficiaires
Les chiffres fournis indiquent qu environ 400 000 visas H‑1B ont été approuvés en 2024, dont les deux tiers étaient des renouvellements. Parmi les candidats approuvés, 71 % venaient d Inde et 11 % de Chine. Le décret critique aussi la progression de la part de main-d œuvre étrangère dans les domaines STEM, citant que le secteur compte près de 2,5 millions de personnes et que la part dans l informatique et les mathématiques est passée de 17,7 % à 26,1 % en dix ans.
Plusieurs acteurs de l industrie technologique ont mis en garde contre ce ciblage, évoquant les risques sur la chaîne de recrutement et sur les capacités d innovation. Des exemples récurrents dans le débat public témoignent que des entreprises de premier plan craignent des retards ou des difficultés d approche des talents issus de l étranger, y compris des personnalités du secteur comme Elon Musk, tout en défendant l approche de formation locale lorsque c est possible.

Réactions et implications internationales
Sur le plan international, Nasscom, l importante association professionnelle indienne, a exprimé une préoccupation face à l application des nouveaux frais, soulignant les perturbations potentielles sur la continuité de certains projets et la difficulté de gestion des périodes de transition. Le groupe appelle à des délais adaptés afin de permettre aux organisations et aux travailleurs de s organiser sans perturbations majeures.
Des retours d entreprises américaines montrent également une onde de surprise et d incertitude. Dans des courriels internes examinés par Reuters, Microsoft et JPMorgan ont conseillé à leurs employés titulaires de visas H‑1B qui se trouvent à l étranger de revenir rapidement aux États‑Unis, avant la mise en œuvre de la mesure. La décision soulève des questions sur les voyages et les implications pour les équipes réparties à l international, notamment dans les domaines du cloud, des systèmes et du consulting.
Enfin, la question d une accélération via la carte dorée suppose des flux financiers importants et une procédure d immigration qui pourrait être modifiée par la suite. Les autorités affirment qu il s agit d une réforme structurelle visant à réévaluer les priorités d emploi et d immigration, tout en restant ouvertes à des mécanismes de transition pour limiter les perturbations des projets technologiques et des programmes de formation.