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Chaque année, Halloween et les expériences d’horreur alimentent une curiosité partagée : pourquoi notre cerveau aime-t-il autant avoir peur ? La peur récréative est au cœur de ce phénomène, qui se pratique dans des cadres sûrs et collectifs. Des chercheurs indiquent que ces frissons peuvent influencer l’humeur, les émotions et même la manière dont nous nous percevons. Dans ce contexte, le corps réagit par l’adrénaline et la dopamine, et les expériences effrayantes offrent une intensité émotionnelle sans danger réel.
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Peur récréative et neurosciences : pourquoi nous aimons avoir peur
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Au cœur de la peur récréative, l’amygdale déclenche des signaux qui préparent le corps à l’action, mais le cadre sûr empêche le danger réel. Le cerveau libère alors adrénaline et dopamine, ce qui explique l’intensité émotionnelle ressentie lors d’une projection ou d’une attraction. « L’excitation est la cousine de la peur », résume Rajita Sinha, docteure en psychologie et directrice fondatrice du Centre du stress de Yale University (Etats-Unis).
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Des recherches du Recreational Fear Lab montrent que cette expérience peut aussi être bénéfique à court et moyen terme: elle peut améliorer l’humeur et aider à mieux comprendre et gérer le stress. L’âge et surtout l’histoire personnelle jouent un rôle essentiel: certains enfants ou adultes réagissent différemment face à ces expériences, certains identifiant les stimuli comme réels ou non, ce qui peut raviver des traumas passés.
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Bénéfices et cadre sûr : inoculation et lien social
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La peur récréative peut être vue comme une inoculation contre la peur, une dose agréable de peur maîtrisée qui permet de développer résilience et capacités d’adaptation – et la nature nous a conçu de manière à rendre ce processus plaisant, selon les spécialistes. « Il est probablement bon pour les enfants – et même pour les adultes – de rechercher de temps en temps la peur récréative, de se challenger tout en acquérant des connaissances sur soi et en construisant sa résilience », poursuit-il.
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En partageant ces expériences, que ce soit dans une soirée cinéma ou une attraction, les participants renforcent le lien social et explorent ensemble des émotions difficiles dans un cadre sûr. « On peut voir la peur récréative comme une inoculation contre la peur : une façon d’administrer une dose agréable de peur maîtrisée, permettant de développer résilience et capacités d’adaptation – et la nature nous a conçu de manière à rendre ce processus plaisant », illustre Mathias Clasen, chercheur, directeur du Recreational Fear Lab.
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Trois profils d’amateurs de peur et ce que cela révèle
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Les neurosciences distinguent trois types d’amateurs de peur, chacun recherchant des effets différents:
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- Les accros à l’adrénaline : « ils aiment le frisson et le ‘coup de fouet’ de l’horreur. Ils ressentent un boost d’humeur après l’expérience et sortent de l’attraction trempés de sueur mais heureux »
- Les prudents : « ils aiment l’horreur, mais le défi réside dans le maintien de la peur à un niveau tolérable. Ils utilisent diverses stratégies pour réguler leurs émotions et estiment apprendre sur eux-mêmes et développer leurs compétences personnelles »
- Les dark copers, de « super-athlète de l’horreur » : « ils tirent tous les bénéfices, ressentant un boost d’humeur, une meilleure connaissance de soi et un développement personnel. Beaucoup utilisent l’horreur comme auto-médication, pour gérer l’anxiété ou traiter des symptômes dépressifs, et naviguent ainsi dans un monde qu’ils perçoivent comme effrayant »
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