La Russie affirme avoir déjoué un complot ukraino-britannique visant à détourner vers l’étranger un avion de chasse MiG-31 équipé d’un missile hypersonique Kinjal, selon le FSB. Moscou décrit une opération destinée à détourner l’appareil vers la Roumanie et à l’abattre éventuellement à l’aide des systèmes de défense, dans ce que les autorités présentent comme une provocation. Kiev et Bucarest ont rejeté ces accusations et présenté l’information comme de la propagande. Des frappes russes en Ukraine ont été annoncées en réponse, illustrant le climat d’escalade autour de Donetsk et d’autres zones du conflit.
Des allégations russes et leurs dénégations
Selon le FSB, l’avion aurait dû être acheminé vers la base aérienne militaire de l’OTAN de Constanta, en Roumanie, située sur les bords de la mer Noire, à 400 km à vol d’oiseau de la péninsule de Crimée, annexée par Moscou en 2014. «Ces projets ukrainiens et britanniques d’organiser une provocation d’ampleur ont été déjoués», selon la même source, grâce à l’un des pilotes qui a prévenu les forces de l’ordre.

Dans une vidéo diffusée par la télévision russe, une personne au visage dissimulé affirme s’être vu proposer, par mail, par le renseignement ukrainien de «tuer» le commandant de l’avion avant de détourner l’appareil, en échange de trois millions de dollars et de l’obtention de «la nationalité d’un pays occidental», sans préciser lequel.
En «riposte à cette provocation», les forces russes ont effectué une frappe au moyen de missiles Kinjal contre un centre de renseignement électronique de l’armée ukrainienne à Brovary, dans la région de Kiev, et une base aérienne de Starokostiantyniv dans la région de Khmelnitsk, selon le FSB cité par l’agence de presse officielle TASS. Ces informations interviennent alors que la Russie, dont les forces sont mieux équipées et plus nombreuses, continue d’avancer dans l’est de l’Ukraine et notamment dans la région de Donetsk où se concentre l’essentiel des combats. Les échanges mentionnés dans ces rapports surviennent alors que les discussions diplomatiques se poursuivent au niveau international et que les accusations restent sans preuve publique.
Les efforts diplomatiques engagés par le président américain, Donald Trump, pour mettre fin au conflit le plus sanglant en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale sont au point mort.
Réactions et dénégations des parties impliquées
Le centre ukrainien de lutte contre la désinformation, appareil du Conseil de sécurité nationale et de défense de l’Ukraine, a qualifié mardi ces allégations de «propagande».
Andrei Tarnea, porte-parole du ministère des Affaires étrangères roumain, a qualifié ces accusations d’inventées et les a comparées à un «roman d’espionnage soviétique» dans un message publié mardi sur X. «Ce qui est réel, en revanche, c’est l’agression et les provocations russes, que ces histoires sur les avions et les espions tentent de dissimuler,» a-t-il ajouté.
Kiev et Bucarest ont démenti mardi les allégations de Moscou et ont rappelé qu’elles ne reposent pas sur des éléments vérifiables. Des analystes notent toutefois que le récit figure dans plusieurs dépêches et que les versions divergent sur certains détails.

Cette série d’affirmations et de dénégations reflète la guerre de l’information qui accompagne le conflit, avec des rapports sur Donetsk et d’autres zones de combat qui coexistent avec des communications officielles sur des actes militaires et des ripostes russes dans diverses régions.