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Sheinbaum rejette toute intervention militaire américaine au Mexique

par Sara
Mexique, États-Unis

La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a une nouvelle fois exclu toute intervention militaire américaine sur le sol mexicain, en réponse aux récentes menaces publiques du président Donald Trump. Elle a réaffirmé sa position lors d’une conférence de presse matinale, insistant sur la nécessité d’une coopération sans atteinte à la souveraineté nationale.

Contexte et réactions immédiates

Interrogée sur les déclarations de Trump la veille — où il a évoqué la possibilité d’actions punitives au Mexique — Sheinbaum a répondu en espagnol : « Ça n’arrivera pas ». Elle a précisé avoir répété cette position « plusieurs fois » au téléphone, tant avec Trump qu’avec le secrétaire d’État, Marco Rubio.

Sheinbaum a toutefois accepté la coopération et l’échange de renseignements avec l’armée américaine, tout en réitérant que « nous n’acceptons pas une intervention d’un gouvernement étranger ». Elle a ajouté : « Il y a collaboration, et il y a coordination. Mais il n’y a pas de subordination, ni pouvons-nous permettre une intervention. »

Déclarations de Trump depuis la Maison-Blanche

Lors d’une rencontre à la Maison-Blanche avec le président de la FIFA, Gianni Infantino, Trump a étendu ses propos sur sa campagne militaire contre des cartels et réseaux criminels en Amérique latine.

Interrogé sur la possibilité de « frapper potentiellement au Mexique », Trump a répondu affirmativement, estimant que toute action visant à « arrêter la drogue » serait justifiée. Il a évoqué en outre les opérations de bombardement en mer qui, selon lui, ont réduit le passage de stupéfiants via les voies maritimes.

Bilan des frappes en mer et controverses

Depuis le début de la campagne, au moins 21 frappes de missiles ont visé des embarcations suspectées de trafic de drogue dans les Caraïbes et l’océan Pacifique, faisant 83 morts selon les bilans disponibles.

Des responsables des Nations unies et des experts juridiques ont condamné ces opérations comme une forme d’exécution extrajudiciaire illégale. Les autorités américaines n’ont pas fourni de preuves définitives identifiant les personnes à bord des navires ou les liant formellement au trafic de stupéfiants.

  • Des familles au Venezuela, en Colombie et à Trinité-et-Tobago affirment que des proches portés disparus après les frappes étaient de simples pêcheurs.
  • Deux survivants ont été rapatriés en octobre — l’un vers la Colombie, l’autre vers l’Équateur, où il a été relâché sans inculpation.

Chiffres et remise en question des justifications

Trump avance souvent le chiffre de « 25 000 vies américaines sauvées » pour justifier les frappes contre des embarcations, mais aucune base factuelle établie ne corrobore ce nombre.

Les données provisoires des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) montrent que les décès par surdose mortelle ont diminué ces dernières années, avec 73 960 décès au cours des 12 mois clos en avril, ce qui rend la justification avancée par l’administration difficile à étayer.

Cadre juridique et escalade rhétorique

Depuis le début de son second mandat, Trump a revendiqué des pouvoirs étendus pour combattre les cartels, allant jusqu’à qualifier certains groupes de « combattants ennemis » dans un « conflit armé non international ». En août, il aurait signé un ordre confidentiel autorisant des actions militaires contre les cartels, suscitant des craintes renouvelées au Mexique.

Le 2 octobre, il a adressé un mémo au Congrès présentant l’argument légal de l’administration pour les attaques en mer. Ces démarches ont relancé les débats sur la légalité d’une intervention américaine hors du territoire national.

Plus d’informations sur ces décisions et mémos sont disponibles dans les comptes rendus publiés par la presse :

  • Rapport sur un ordre autorisant des actions militaires contre les cartels (8 août 2025)
  • Mémo de Trump qualifiant les cartels de « combattants ennemis » (2 octobre 2025)

Tensions historiques et craintes d’une intervention

Les États-Unis ont une longue histoire d’interventions controversées en Amérique latine. Sur la scène politique américaine, certaines voix de droite ont déjà soutenu l’idée d’opérations armées sur le territoire mexicain pour lutter contre le trafic de drogue.

En 2023, l’ancien candidat républicain Ron DeSantis avait par exemple évoqué le déploiement de forces spéciales américaines au Mexique dès le « jour un » de sa présidence possible. Ces propositions avaient alors ravivé les préoccupations au Mexique concernant la défense de sa souveraineté.

Déjà en 2019, le président mexicain de l’époque avait dû rassurer la population en affirmant qu’aucune invasion ne serait tolérée. Sheinbaum a réitéré mardi un message semblable, fermement opposée à toute intervention étrangère.

Pour lire un rappel historique, voir : Mexique : pas d’invasion après les commentaires de Trump (29 novembre 2019).

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source:https://www.aljazeera.com/news/2025/11/18/not-going-to-happen-sheinbaum-dismisses-trump-threat-of-mexico-strikes

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