Quatre féminicides ont été signalés ce jeudi 20 novembre en France, touchant Besançon (Doubs), Sedan (Ardennes), Saint-Ciers-d’Abzac (Gironde) et Beaucaire (Gard), selon le bilan publié par la Mission interministérielle pour la protection des femmes (Miprof). Les autorités appellent à renforcer les dispositifs de protection des victimes et à agir face à la violence domestique, alors que les chiffres de 2024 restent au cœur du débat public.
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Quatre féminicides ce jeudi en France: Besançon et Sedan
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À Besançon, une femme de 32 ans a été tuée par son ex-conjoint de 34 ans alors qu’elle quittait son domicile pour se rendre au travail. Le suspect, qui s’était retranché dans son domicile, a été interpellé en début d’après-midi et placé en garde à vue; le RAID a été dépêché sur place. La victime avait déposé plainte à deux reprises et avait reçu un dispositif Mon Shérif pour alerter les forces de l’ordre en cas de danger.
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Plus tard dans la journée, une femme de 56 ans a été retrouvée morte à son domicile à Sedan (Ardennes). Son conjoint, âgé de 58 ans, a été interpellé et placé en garde à vue après avoir causé délibérément un accident de la route et avoir tenté de se suicider. Le parquet de Charleville-Mézières a confirmé l’ouverture d’une enquête pour meurtre; le domicile présentait de nombreuses traces de sang.
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Dans l’après-midi, une femme a été retrouvée morte à Saint-Ciers-d’Abzac, en Gironde. Son compagnon, âgé de 60 ans, s’est présenté à la gendarmerie et a été placé en garde à vue. Il était déjà connu de la justice pour des violences sur une précédente compagne et une enquête pour meurtre par conjoint ou concubin a été ouverte.
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À Beaucaire, dans le Gard, un homme s’est rendu au commissariat pour déclarer avoir découvert le corps de sa femme inconsciente à leur domicile; la victime est morte et l’homme a été placé en garde à vue. Il était déjà connu pour des violences intrafamiliales et une enquête pour meurtre par conjoint a été ouverte.
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Réactions et chiffres: Bergé etMiprof
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Dans un message publié sur X, la ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, a dénoncé ces féminicides et a rendu hommage aux victimes: « Elles sont quatre aujourd’hui. Quatre femmes. Quatre à avoir été assassinées. Mélina, Laure, Élodie, Béatrice sont mortes ce soir parce qu’elles voulaient être libres. Choisir leur vie. Leur destin. Se séparer. »
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Elle a ensuite promis d’intensifier les politiques publiques pour enrayer les violences à l’égard des femmes, notamment sur la formation, la détection, le droit et les moyens: « Nous irons plus loin : sur la formation, sur la détection, sur le droit, sur les moyens. Partout. En hexagone et en Outre-mer. Du plus urbain au plus rural. »
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Selon la Délégation aux victimes, en 2024, 107 femmes ont été tuées en France par leur compagnon ou ex-conjoint, soit environ une tous les quatre jours en moyenne; le 3919 est le numéro national de référence pour les femmes victimes de violences (conjugales, sexuelles, psychologiques, mariages forcés, mutilations sexuelles, harcèlement). Il est gratuit et anonyme et propose écoute, information et orientation vers des dispositifs d’accompagnement et de prise en charge.