Genève accueille ce week-end des échanges autour d’un plan de paix américain en 28 points pour l’Ukraine. L’initiative alimente un débat sensible dans les rangs ukrainiens et parmi les alliés occidentaux, certains y voyant une capitulation. Des responsables américains et des représentants ukrainiens se réuniront dimanche pour discuter du texte, qui est au centre d’un échange diplomatique complexe. La discussion porte autant sur le calendrier et les concessions possibles que sur l’objectif de réduire les violences sur le terrain.
À Genève, les échanges portent sur le plan de paix américain pour l’Ukraine
Selon des informations relayées par l’AFP, Marco Rubio, chef de la diplomatie américaine, et Steve Witkoff, l’émissaire de Donald Trump, doivent arriver à Genève dimanche pour discuter du plan avec les représentants ukrainiens. Le secrétaire américain à l’Armée, Daniel Driscoll, avait quant à lui été reçu à Kiev et est arrivé samedi dans la ville suisse, selon les mêmes sources. Le texte en question est décrit comme un plan en 28 points, qui prévoit des conditions sensibles pour Kyiv et des options sur des concessions territoriales potentielles.
Pour les Ukrainiens, le plan américain pour la paix est «un plan de capitulation et de trahison», selon des interlocuteurs cités par Mediapart.
Des Ukrainiens en guerre depuis près de quatre ans ont exprimé des réticences et mettent en avant que certains éléments du plan pourraient ouvrir la porte à des concessions territoriales jugées inacceptables par les autorités ukrainiennes. Des militants, des législateurs, des soldats et des vétérans évoquent un risque que le conflit se prolonge ou qu’on s’éloigne des objectifs initiaux de résistance et de réintégration des territoires.

Réactions en Ukraine et dans le camp occidental
En Ukraine, les avis divergent. Des militants, des législateurs, des soldats et des vétérans mettent en garde contre une potentielle capitulation déguisée et estiment que l’accord risque de laisser la Russie gagner du terrain ou gagner du temps. D’autres voix soulignent l’urgence de trouver un cadre négocié afin de réduire les violences et de protéger les civils, tout en rappelant que les discussions restent tributaires des conditions sur le terrain et des attentes internationales.
Sur le front, l’Ukraine affirme poursuivre la résistance et appelle à des garanties claires sur la sécurité et la souveraineté. Des responsables occidentaux affirment que l’objectif des discussions est de créer des perspectives de cessez-le-feu et de mettre fin à l’escalade, tout en préservant les droits du pays à défendre son territoire.

Quel que soit le verdict des négociations, ces échanges à Genève témoignent d’un dialogue international soutenu autour d’un conflit qui perdure. Les cadres proposés restent en suspens et les parties espèrent des garanties concrètes pour la sécurité et la souveraineté de l’Ukraine. Le dénouement dépendra de l’accord sur des mécanismes de cessez-le-feu et de garanties internationales, et du consensus des alliés sur les étapes à suivre.