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Tensions Afrique du Sud–États-Unis au sommet G20 de Johannesburg

par Sara
Afrique du Sud, États-Unis, Palestine, Soudan, Ukraine, République démocratique du Congo

La réunion des dirigeants du G20 s’est ouverte à Johannesburg dans une atmosphère tendue, marquée par l’absence notable de représentants politiques américains. Malgré ces frictions, les 19 délégations présentes sont parvenues à un communiqué conjoint, après des négociations ardues sur des thèmes sensibles : égalité des sexes, climat et les situations de sécurité à Gaza, au Soudan, en Ukraine et en République démocratique du Congo.

Un siège vide pour les États‑Unis

Le président sud‑africain Cyril Ramaphosa avait annoncé qu’il remettrait symboliquement la présidence du G20 au siège vide réservé au vice‑président américain J.D. Vance, qui s’est retiré de sa participation deux semaines avant le sommet.

Les autorités sud‑africaines ont rejeté une demande tardive de l’ambassade américaine visant à faire assister huit membres du personnel au dîner de clôture dimanche. Pretoria a invoqué des exigences de sécurité difficiles à satisfaire, telles que la présence d’une escorte policière féminine dédiée et l’inspection des véhicules du cortège à des emplacements alternatifs.

L’administration Trump avait annoncé une quasi‑boycott début novembre, évoquant une prétendue « persécution de la minorité blanche », alors que des équipes américaines avaient presque achevé les préparatifs d’une visite de J.D. Vance.

Présents à la rencontre : Emmanuel Macron, Narendra Modi, Li Qiang, Lula da Silva, Recep Tayyip Erdoğan, Keir Starmer, Friedrich Merz, ainsi que plusieurs dirigeants arabes et africains.

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa lors de l'ouverture du sommet G20 à Johannesburg

Une déclaration commune malgré les obstacles

Après cinq jours de négociations intensives, y compris une session nocturne, les représentants des 19 pays ont adopté une ébauche de communiqué commun. Les principaux points de friction portaient sur le climat, les énergies renouvelables et l’égalité entre les sexes.

Le porte‑parole de la présidence sud‑africaine, Vincent Magwinywa, a souligné que le texte reflète le succès de l’Afrique à « élargir sa voix » dans l’agenda mondial du développement. Le continent est d’ailleurs mentionné à plusieurs reprises dans le document final.

Les négociations ont porté aussi bien sur :

  • l’urgence climatique et le financement de la transition énergétique ;
  • la promotion de l’égalité des sexes ;
  • les réponses collectives aux crises de Gaza, du Soudan, d’Ukraine et de la RDC.

Photo de famille des dirigeants du G20 à Johannesburg

Présence économique et engagement financier américain

Bien que des responsables politiques américains aient boudé le sommet, des représentants du secteur privé des États‑Unis ont participé aux rencontres économiques parallèles.

Washington a, par voie de visioconférence, confirmé un engagement de 4,6 milliards de dollars en faveur du Fonds mondial pour la santé. Ce montant est inférieur à des promesses antérieures, mais reste perçu comme un signe de continuité dans l’appui américain aux initiatives sanitaires internationales.

Réactions et perspectives après la présidence sud‑africaine

Vincent Magwinywa a déclaré que la mise en œuvre des recommandations du sommet pourrait connaître un ralentissement sous la prochaine présidence américaine. Pour y faire face, l’Afrique du Sud compte s’appuyer sur des institutions multilatérales afin d’assurer le suivi des dossiers liés aux inégalités et à la viabilité de la dette.

Le chercheur en relations internationales John Stremlo a estimé que la stratégie américaine relève d’une politique d’intimidation vis‑à‑vis de l’Afrique du Sud. Malgré cela, les dirigeants sud‑africains, attachés aux principes des droits de l’homme et soutenus par une présence internationale notable, ont obtenu un appui significatif au sommet.

Manifestations et voix de la société civile

En marge du G20, des organisations de la société civile ont appelé à des mesures plus audacieuses contre les inégalités. Des membres d’Oxfam, masqués aux effigies de dirigeants mondiaux, ont défilé à Soweto pour réclamer une taxation plus stricte des super‑riches et davantage de ressources pour les services publics.

Manifestation d'Oxfam à Soweto pendant le sommet G20

Points clés à retenir

  • Le G20 Johannesburg a abouti à un communiqué commun malgré l’absence américaine et des négociations compliquées.
  • Les sujets controversés ont été le climat, l’énergie, l’égalité des sexes et plusieurs crises internationales.
  • L’Afrique du Sud revendique une amplification de la voix africaine sur l’agenda mondial.
  • Le suivi des accords devrait s’appuyer sur des mécanismes multilatéraux, compte tenu de l’incertitude liée à la présidence américaine.
source:https://www.aljazeera.net/politics/2025/11/23/%d9%85%d9%86-%d8%a3%d8%b2%d9%85%d8%a9-%d8%aa%d9%81%d9%88%d9%82-%d8%a7%d9%84%d8%a8%d9%8a%d8%b6-%d8%a5%d9%84%d9%89-%d9%85%d9%82%d8%b9%d8%af-%d9%81%d8%a7%d8%b1%d8%ba-%d8%ac%d9%86%d9%88%d8%a8

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