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Le Nigeria fait l’objet d’un examen international accru après l’enlèvement par des hommes armés de plus de 300 élèves d’une école catholique dans le nord-ouest du pays. Cet événement survient quelques jours seulement après une attaque meurtrière lors d’un service religieux, accentuant les inquiétudes sur la sécurité et la montée des enlèvements au Nigeria.
Les incidents récents ont intensifié la pression sur le gouvernement fédéral et relancé les débats internationaux sur la protection des communautés religieuses et la capacité des forces de sécurité à maîtriser les groupes armés.

Des casiers ouverts et des effets personnels dispersés dans le dortoir de l’école Sainte-Marie à Papiri illustrent le chaos laissé après l’attaque.
Qui est derrière les attaques ?
Si elle est confirmée, l’opération vendredi contre l’école Sainte-Marie dans l’État de Niger serait la plus grave prise d’otages scolaires depuis l’enlèvement de 276 lycéennes à Chibok par Boko Haram en 2014.
Aucune organisation n’a officiellement revendiqué cette dernière attaque. Néanmoins, les assaillants impliqués dans l’attaque de l’église mardi semblent appartenir à des bandes criminelles motivées par le profit et la demande de rançons.
- Mode opératoire : des « bandits » locaux attaquent souvent de manière indiscriminée, tirent en l’air pour semer la panique, kidnappent puis se replient vers les zones boisées.
- Autres incidents récents : une école de filles majoritairement musulmane dans l’État de Kebbi a été attaquée et 25 élèves ont été enlevées ; dans l’État voisin de Zamfara, une autre bande a kidnappé 64 personnes.
- Demande de rançon : pour l’attaque de l’église dans l’État de Kwara, les ravisseurs auraient réclamé 100 millions de nairas (environ 69 000 dollars) par personne, selon un responsable religieux.

Scène intérieure de l’église Christ Apostolic à Eruku, où des fidèles ont été ciblés lors d’une attaque armée.
Où se concentrent les foyers d’insécurité ?
La majeure partie du nord du Nigeria, qui comprend plus de 20 des 36 États du pays, souffre d’un fort niveau d’insécurité. Cette situation perturbe la vie quotidienne, le transport et l’agriculture.
Les zones touchées se distinguent selon la nature des groupes actifs :
- Nord-ouest : prédominance de bandes armées de type « banditisme » menant des enlèvements pour rançon et se cachant dans les forêts.
- Nord-est : foyer de la rébellion de Boko Haram et de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), à l’origine d’une crise humanitaire majeure et de déplacements massifs.
- Centre (Middle Belt) : affrontements intercommunautaires mêlant enjeux religieux, ethniques et conflits liés à la terre et aux ressources hydriques.

Des opérations militaires sont menées dans plusieurs régions, mais les forces restent mises à l’épreuve face à la dispersion des groupes armés.

Sur le plan opérationnel, les zones boisées et les terrains difficiles favorisent la mobilité et la survie des groupes armés.
Les attaques visent-elles les chrétiens ?
La question d’une cible religieuse fait débat. Namdi Obasi, conseiller au sein du International Crisis Group, estime que de nombreux incidents ont une dimension religieuse, mais souligne que les musulmans subissent également des violences similaires.
Le gouvernement nigérian considère que les allégations d’une persécution systématique des chrétiens simplifient à l’excès une réalité sécuritaire complexe et ne reflètent pas les efforts visant à protéger la liberté de culte.
- Contexte : le Nigeria compte environ 230 millions d’habitants et près de 200 groupes ethniques, où les tensions ethniques et religieuses sont fréquemment exacerbées.
- Perception publique : beaucoup de Nigérians estiment que les autorités successives auraient pu mieux agir contre les groupes armés et mieux protéger les civils.
- Réactions internationales : les États-Unis ont évoqué des mesures possibles, y compris des sanctions et une coopération renforcée avec le Pentagone pour lutter contre le terrorisme et protéger les communautés religieuses.

Comment réagit le gouvernement nigérian ?
L’armée nigériane, la plus importante d’Afrique subsaharienne, est en première ligne dans la lutte contre les groupes armés. Parallèlement, des chefs traditionnels du nord-ouest tentent de négocier la paix en discutant avec certaines bandes.
Malgré ces efforts, l’armée reste éprouvée et les groupes armés opèrent sur des territoires étendus, rendant les opérations de sécurisation difficiles.
- Actions militaires : les forces aériennes ont revendiqué, en août, la neutralisation d’environ 600 rebelles, mais les attaques sur le terrain se poursuivent.
- Mesures préventives : plusieurs États du nord ont fermé temporairement des écoles par crainte d’autres enlèvements.
- Conséquences politiques : la vague d’attaques a poussé la présidence à annuler des déplacements internationaux pour se concentrer sur la sécurité intérieure.

Les familles touchées par ces violences subissent des pertes humaines et matérielles considérables, renforçant le sentiment d’urgence pour des réponses efficaces.
Chiffres et conséquences humanitaires
Les données récentes sur les violences montrent l’ampleur de la crise sécuritaire dans le pays.
- Attaques recensées : plus de 1 923 attaques contre des civils ont été enregistrées cette année.
- Bilan humain : ces attaques ont causé la mort de plus de 3 000 personnes.
- Impact éducatif : au moins six États du nord ont temporairement fermé des écoles par crainte d’enlèvements.
Ces chiffres mettent en lumière l’urgence d’une stratégie globale pour réduire les enlèvements au Nigeria et restaurer un niveau de sécurité permettant la reprise normale des activités économiques et scolaires.