Accueil ActualitéChef de l’armée soudanaise rejette la trêve, fustige le rôle des ÉAU

Chef de l’armée soudanaise rejette la trêve, fustige le rôle des ÉAU

par Sara
Soudan, Émirats arabes unis, États-Unis, Arabie saoudite, Égypte

Le chef de l’armée soudanaise, le général Abdel Fattah al-Burhan, a rejeté une proposition de trêve présentée ce mois-ci par le « Quad » — le groupe de médiation composé des États-Unis, des Émirats arabes unis, de l’Arabie saoudite et de l’Égypte — en dénonçant la participation des Émirats. Ce refus laisse craindre la poursuite des combats et fragilise toute perspective d’une trêve Soudan à court terme.

Motifs du rejet

Lors d’un discours adressé à de hauts commandants militaires et responsables sécuritaires, rendu public dimanche soir par son bureau, al-Burhan a qualifié la proposition de « la pire » jamais soumise.

Il a estimé que le plan était « inacceptable » car il « efface de facto l’existence des forces armées et … la dissolution de tous les organes de sécurité », tout en « maintenant la milice rebelle dans ses positions ».

Le chef de l’armée a insisté sur une condition non négociable : le retrait et le confinement des Forces de soutien rapide (RSF) dans des zones déterminées comme préalable à toute trêve.

Rôle contesté des Émirats arabes unis

Al-Burhan a réitéré que le « Quad » manque de crédibilité aux yeux du Soudan en raison du rôle des ÉAU.

« Le monde entier a été témoin du soutien des ÉAU aux rebelles contre l’État soudanais », a-t-il déclaré, ajoutant que si la médiation se poursuivait dans cette direction, elle serait considérée comme partiale.

Les ÉAU sont accusés, à large échelle, d’avoir armé et financé les RSF et d’avoir prolongé le conflit pour servir des intérêts régionaux, notamment l’accès à l’or et à d’autres ressources minières du Soudan. Les autorités émiraties récusent ces accusations.

Principales exportations du Soudan

Tensions avec les États-Unis et acteurs régionaux

Al-Burhan a aussi fustigé des éléments américains impliqués dans le dossier, ciblant notamment Massad Boulos, un homme d’affaires libano-américain qui sert de conseiller principal aux affaires régionales pour le président Donald Trump.

Le général a estimé que Boulos pourrait devenir un obstacle à la paix, citant des accusations émises par l’émissaire américain selon lesquelles l’armée entraverait l’aide humanitaire et utiliserait des armes chimiques.

Paradoxalement, al-Burhan a salué l’implication du président Trump et du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, qui ont évoqué la guerre soudanaise lors d’un déplacement à Washington et appelé à des efforts sérieux pour y mettre fin.

Réponse des RSF et contenu du plan

Les Forces de soutien rapide ont annoncé ce mois-ci leur accord avec la proposition du Quad, estimant qu’elle répondait aux « conséquences humanitaires catastrophiques » du conflit.

Le plan prévoit une trêve de trois mois visant à ouvrir la voie à une solution politique durable et à la mise en place d’un nouveau gouvernement civil.

Pour l’armée, cependant, la condition du retrait et du confinement des RSF reste non négociable, ce qui rend difficile l’acceptation immédiate d’un cessez-le-feu tel que proposé.

Situation sur le terrain : Darfour et Kordofan

Sur le terrain, les RSF continuent leurs offensives, en particulier au Darfour occidental où elles ont pris le contrôle total après l’expulsion de l’armée de la ville d’el-Fasher le mois dernier.

Des images satellites et des témoignages font état d’exactions : des combattants des RSF sont montrés en train de brûler et d’enterrer des corps en grand nombre, apparemment pour dissimuler des preuves de massacres.

Des milliers de personnes sont portées disparues après leur fuite, et des organisations internationales ainsi que des témoins dénoncent des viols en masse dans la région.

  • Les combats se poursuivent aussi par épisodes dans des zones des Kordofan, au centre du pays.
  • Les RSF ont réaffirmé leur intention de s’emparer prochainement de la ville stratégique de Babnusa, dans le Kordofan occidental.

Conséquences humanitaires et bilan

Le conflit, né d’un affrontement entre l’armée et les RSF en avril 2023, a plongé le pays dans le chaos, avec des combats intenses à Khartoum et ailleurs.

Selon les Nations unies, la guerre a fait plus de 40 000 morts, un chiffre que de nombreux groupes humanitaires jugent sous-estimé et qui pourrait être bien plus élevé.

La crise a créé la plus grande urgence humanitaire au monde : des millions de personnes ont été déplacées, des zones entières sont privées d’accès aux services essentiels, et certaines régions sont au bord de la famine.

  • Décès : plus de 40 000 selon l’ONU.
  • Déplacés : au moins 14 millions de personnes ou davantage.
  • Crise alimentaire et risques de famine dans plusieurs provinces.
source:https://www.aljazeera.com/news/2025/11/24/sudan-army-chief-rejects-truce-proposal-citing-uae-role

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