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Gaza : pas de cessez‑le‑feu réel, bombardements et pénurie d’aide

par Sara
Palestine, Israël, États-Unis

Le 10 octobre, l’annonce d’un cessez‑le‑feu à Gaza a soulagé de nombreux Palestiniens après deux années de bombardements continus. Ces attaques, selon les estimations citées par des observateurs, ont produit une force explosive totale approximativement six fois supérieure à celle de la bombe atomique larguée sur Hiroshima en 1945, concentrée sur une surface nettement inférieure à celle de la ville japonaise.

Pourtant, ce répit attendu ne s’est pas concrétisé : les bombardements ont repris presque immédiatement après l’annonce et n’ont jamais véritablement cessé. La population reste exposée aux frappes, à la faim et à l’effondrement des services essentiels.

Destruction généralisée et pertes humaines

Les dégâts sont omniprésents et touchent tous les aspects de la vie civile.

  • Hôpitaux et universités ont été frappés.
  • La plupart des logements et des écoles ont été détruits.
  • Les infrastructures vitales, comme l’assainissement et les lignes électriques, sont endommagées au point d’être irréparables.

On estime qu’environ 50 millions de tonnes de débris couvrent la bande de Gaza et que, sous ces ruines, se trouvent au moins 10 000 corps de Palestiniens tués par les bombardements et encore non récupérés (voir galerie : https://www.aljazeera.com/gallery/2025/2/5/gaza-transformed-into-rubble-strewn-wasteland-after-israeli-bombardment).

Des violations répétées du cessez‑le‑feu

Selon le Bureau gouvernemental des médias de Gaza, le régime israélien a violé le cessez‑le‑feu à de nombreuses reprises depuis son annonce.

  • Près de 500 violations signalées en 44 jours, causant la mort de 342 civils (source rapportée : https://www.aljazeera.com/news/2025/11/23/israel-has-violated-gaza-truce-nearly-500-times-in-44-days-killed-hundreds).
  • Le 29 octobre a été la journée la plus meurtrière : 109 Palestiniens tués, dont 52 enfants (https://www.aljazeera.com/news/liveblog/2025/10/29/live-israel-kills-63-in-gaza-trump-insists-nothing-will-jeopardise-truce).
  • Plus récemment, un bombardement dans le quartier de Zeitoun à Gaza a tué 32 Palestiniens, dont une famille entière (https://www.aljazeera.com/news/2025/11/21/at-least-67-palestinian-children-killed-in-gaza-since-ceasefire-began-un).

Ces chiffres illustrent que l’intensité des attaques ne correspond pas à l’idée d’un véritable cessez‑le‑feu.

Entraves à l’aide humanitaire et pénurie alimentaire

Le volet humanitaire de l’accord prévoyait l’entrée quotidienne de convois d’aide, mais ces engagements ne sont pas respectés.

  • 600 camions d’aide devaient entrer chaque jour selon l’accord, mais l’occupation n’en autorise qu’environ 150 par jour, d’après des reportages sur le terrain (https://www.aljazeera.com/news/2025/11/14/unrwa-slams-israel-for-crippling-gaza-efforts-aid-woefully-short-of-needs).
  • Des denrées nutritives essentielles — viande, produits laitiers, légumes — ainsi que des médicaments, des tentes et d’autres matériaux d’abri sont empêchés d’entrer.
  • Une coalition d’agences de secours palestiniennes estime que l’aide qui pénètre couvre moins d’un quart des besoins fondamentaux de la population (https://www.aljazeera.com/news/2025/11/11/how-many-times-has-israel-violated-the-gaza-ceasefire-here-are-the-numbers).

L’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) affirme disposer de stocks alimentaires suffisants pour nourrir Gaza pendant des mois, mais elle se voit empêchée d’acheminer ces vivres vers la population. Cela contrevient à un avis consultatif de la Cour internationale de justice d’octobre, qui indique que le régime israélien a le devoir de ne pas entraver l’acheminement de l’aide par les agences onusiennes (voir : https://www.aljazeera.com/news/2025/10/16/on-world-food-day-israel-continues-to-restrict-aid-into-gaza).

Décisions juridiques et obstruction

La Cour internationale de justice (CIJ) a rendu plusieurs avis et mesures concernant la situation à Gaza.

  • En octobre, la CIJ a rappelé l’obligation de ne pas entraver l’aide humanitaire fournie par les agences internationales, et a rejeté les accusations visant l’UNRWA de partialité.
  • En janvier 2024, la CIJ a ordonné des mesures provisoires après avoir jugé plausibles des actes de génocide à Gaza. Ces mesures comprenaient la prévention d’actes de génocide, la sanction de l’incitation au génocide et la facilitation de l’assistance humanitaire.
  • La CIJ a réaffirmé ces mesures à plusieurs reprises depuis, mais le régime israélien continue de les ignorer en limitant les activités de l’UNRWA, en refusant des visas au personnel international et en entravant les distributions d’aide.

Couverture internationale et résolution controversée

Sur le plan diplomatique, le régime israélien bénéficie d’un appui significatif, notamment de la part des États-Unis.

Le 17 novembre, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté la résolution 2803, qui soutient un plan en 20 points proposé par le président américain. Parmi les mesures proposées :

  • La création d’un « conseil de paix » présidé par le président des États‑Unis et d’une force internationale de stabilisation chargée de la sécurité et du désarmement des groupes palestiniens.
  • La possibilité de contourner les structures locales et internationales existantes pour la distribution de l’aide.

La résolution ne mentionne pas la question du génocide et n’établit aucun mécanisme d’accountabilité pour les crimes de guerre. Des analystes critiquent cette position comme offrant une impunité et conférant un contrôle extérieur élargi sur Gaza (analyse critique : https://al-shabaka.org/policy-memos/trumps-unsc-resolution-2803-repackaged-colonial-rule/).

Un cessez‑le‑feu sans cessez‑la‑peine

Au regard des faits rapportés, il apparaît que le « cessez‑le‑feu » n’a pas mis fin aux violences ni aux souffrances quotidiennes de la population de Gaza.

Les attaques se poursuivent, l’accès à l’aide est bloqué ou insuffisant, et les mesures internationales contraignantes restent largement inapplicables.

Qualifier cet état de cessez‑le‑feu sans changement réel sur le terrain équivaut, pour de nombreux observateurs, à un artifice diplomatique qui masque la poursuite de l’extermination, du déplacement et de l’effacement progressif du peuple palestinien à Gaza.

source:https://www.aljazeera.com/opinions/2025/11/24/no-there-is-no-ceasefire-in-gaza

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