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Historien français : Samar Yazbek, voix des survivants de Gaza

par Sara
Palestine, Qatar, Syrie, France, Israël

Le professeur et historien français Jean‑Pierre Filiu met en lumière le rôle croissant de la romancière et essayiste syrienne Samar Yazbek, aujourd’hui devenue l’une des voix majeures de la littérature arabe. Dans sa chronique pour Le Monde, il commente son dernier ouvrage, La mémoire du génocide, qui rassemble 25 témoignages de civils survivants des horreurs vécues à Gaza.

Collecte des témoignages au Qatar

Les récits compilés par Samar Yazbek ont été recueillis dans des hôpitaux du Qatar en 2024. Ils émanent de blessés évacués dont les âges varient de 13 à 65 ans.

Ces transferts ont eu lieu avant l’aggravation du siège sur la bande de Gaza, lorsque l’offensive sur Rafah est devenue plus intense.

Parcours littéraire et approche de l’auteure

Filiu retrace le parcours de Samar Yazbek depuis ses débuts en Syrie jusqu’à sa couverture et sa documentation de la révolution de 2011. Son œuvre — romanesque et documentaire — met en avant les souffrances des femmes et des Syriens en général.

Son nouveau livre poursuit la même ligne : écouter les victimes et offrir un récit profondément humain, éloigné des slogans et des postures politiques.

Images et témoignages visuels

Un corpus photographique accompagne ces récits, attestant graphiquement l’ampleur des exactions. Les images traduisent la souffrance et servent de preuve visuelle des crimes décrits par les survivants.

Photographie documentant les souffrances à Gaza

Ces photographies, captées sur une longue période, ne sont pas de simples instantanés : elles font partie intégrante d’un témoignage collectif sur l’extermination et la détresse des habitants de Gaza.

Récits des survivants : une violence systémique

Les témoignages dévoilent l’ampleur des violences subies par la population. Ils décrivent des familles anéanties en un seul bombardement, des personnes ensevelies pendant des heures sous les décombres, et des corps mutilés par les explosions.

Les récits évoquent également :

  • les incursions militaires répétées dans les hôpitaux ;
  • des points de contrôle humiliante et terrorisants ;
  • des drones pénétrant dans les maisons et transformant l’espace domestique en théâtre de terreur.

Ce qui choque le plus, selon Filiu, c’est la récurrence des souffrances : la même horreur se retrouve d’un témoignage à l’autre, signe d’un mécanisme organisé plutôt que d’erreurs isolées. Le caractère systémique des violences renvoie, pour l’auteur, à la logique d’un génocide.

Urgence du témoignage et résonances personnelles

Samar Yazbek, d’après l’article, ressent une nécessité impérieuse de documenter ces atrocités. Elle considère que les Palestiniens partagent aujourd’hui avec les Syriens un destin façonné par la même barbarie.

Jean‑Pierre Filiu confesse que la lecture de ces récits lui a rappelé les souvenirs amers de sa visite d’un mois à Gaza l’hiver précédent. Il dit que la tragédie le poursuivra et que les textes publiés jusqu’ici ne sont que le début d’un récit plus vaste sur ce qu’ont subi les habitants du territoire.

Le chercheur conclut que l’ouvrage de Samar Yazbek s’inscrit dans une série de publications — achevées ou en préparation — visant à documenter la terreur vécue par les civils, dans l’attente d’un jour où la presse internationale pourra à nouveau circuler librement dans la bande de Gaza.

source:https://www.aljazeera.net/politics/2025/11/24/%d9%85%d8%a4%d8%b1%d8%ae-%d9%81%d8%b1%d9%86%d8%b3%d9%8a-%d8%ad%d9%8a%d9%86-%d8%aa%d8%aa%d8%ad%d8%af%d8%ab-%d9%83%d8%a7%d8%aa%d8%a8%d8%a9-%d8%b3%d9%88%d8%b1%d9%8a%d8%a9-%d8%a8%d8%b5%d9%88%d8%aa

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