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Mobilisations françaises contre les violences faites aux femmes

par charles
France

À l’occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, des mobilisations et des actions de prévention se multiplient en France, sur les territoires et dans les établissements scolaires. Des témoignages et des chiffres locaux éclairent la réalité du phénomène et les efforts déployés pour accompagner les victimes. Des manifestations récentes illustrent la détermination des collectifs, des associations et des élus à ouvrir des lieux d’écoute et de solidarité.

Actions locales et chiffres clefs

À Saint-Gaudens, le collectif du 8 Mars rapporte une dynamique locale marquée par des rassemblements et des interventions dans les rues de la ville, en amont et lors de la journée du 25 novembre. D’autres initiatives similaires se déploient en France, y compris dans les Landes où quatre collèges ont été choisis pour expérimenter un dispositif de lutte contre le sexisme financé par le Département et les Francas des Landes.

Dans les Landes, les quatre collèges — Lucie-Aubrac à Linxe, Marie-Curie à Rion-des-Landes, Jean-Rostand à Tartas et Lubet-Barbon à Saint-Pierre-du-Mont — accueillent des ateliers « médias » mensuels destinés à sensibiliser les élèves au consentement, aux relations et au respect. L’animatrice Lisa Raclet résume l’objectif: « Petite graine » et les projets créatifs permettent une prise de conscience qui peut se transformer en engagement citoyen; les jeunes deviennent des ambassadeurs.

Le dispositif souligne aussi que les inégalités de genre et les stéréotypes restent trop répandus, et que l’éveil des adultes est nécessaire pour accompagner les jeunes sur ces questions. Les retours des élèves évoquent une progression des mentalités, notamment chez les garçons, qui commencent à adopter des attitudes plus respectueuses et responsables.

Manifestation féministe dans le sud-ouest
Manifestation locale contre les violences faites aux femmes dans le sud-ouest.

En milieu rural, dans l’Allier, la délégation aux droits des femmes et à l’égalité a lancé l’action « Stop aux violences conjugales… En milieu rural aussi ». Des sacs à baguette distribués dans les boulangeries et pharmacies portent un violentomètre et les numéros nationaux utiles. Au total, 97 000 sacs ont été commandés et distribués aux 30 élus ruraux relais de l’égalité pour alimenter les commerces de 21 communes. La mairie est présentée comme premier service public d’écoute, et les élus appellent à diffuser largement l’information afin que chacun ait accès aux mêmes ressources.

Dans l’Autun, la journée du 25 novembre est marquée par des témoignages et des prises de parole publiques au sein de l’Hexagone. Le procureur de la République et le préfet de Saône-et-Loire participent à l’événement, et les récits de violences qui se succèdent soulignent la persistance du phénomène et la nécessité d’actions plus concrètes sur le territoire. « Pour nous, le 25 novembre, c’est tous les jours. » affirme Agnès Bouysse, coordonnatrice du Centre d’information droits des femmes (CDIFF), qui coordonne les actions locales et rappelle l’importance d’un soutien durable.

Rassemblement et témoignages à Saint-Gaudens
Rassemblement et interventions publiques dans une journée d’action locale.

Sur le plan national, des efforts de sensibilisation se poursuivent dans les collèges et lycées des Landes et du Cantal, avec des expositions et des kits destinés à accompagner les jeunes dans la compréhension des dynamiques de genre et des comportements responsables. Au Cantal, une exposition interactive au lycée Raymond-Cortat et la distribution de 3 000 kits visent à engager les élèves dans des questions de consentement et de sécurité. L’Observatoire des violences fait apparaître, sur les chiffres 2024, que 12 % des féminicides concernaient des femmes âgées de 20 à 29 ans et que 4 % des victimes étaient mineures; 36 % des mineures touchées par la cyberviolence ont vu leur contenu intime diffusé.

Dans ce cadre, les actions locales s’inscrivent dans une logique plus large: fédérer les acteurs autour d’un parcours éducatif et civique, allant des écoles aux services publics, et mobiliser les ressources locales pour améliorer l’écoute et l’accompagnement des victimes. Le déploiement de ces initiatives illustre une approche de prévention qui s’appuie sur l’éducation, le soutien familial et l’appui des associations, tout en cherchant à impliquer les autorités et les professionnels pour consolider les mécanismes de protection.

À l’échelle internationale, la lutte contre les violences faites aux femmes prend des dimensions transfrontalières. Selon l’ONU, 70 % des Mexicaines de plus de 15 ans ont subi une forme d’agression au moins une fois dans leur vie. D’après un document du Parlement, 3 430 femmes ont péri de mort violente dans le pays en 2024, dont 829 ont été victimes de féminicide, un crime défini comme un meurtre motivé par le genre de la victime et pouvant s’accompagner de violences sexuelles ou d’un conjoint. Des manifestations et des appels à la solidarité féministe ont été signalés à Mexico et dans d’autres villes, soulignant l’exigence d’un changement durable au-delà des frontières nationales.

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