Le gouvernement français a donné son feu vert sous conditions à l’entrée indirecte de JD.com au capital de Fnac Darty, via l’acquisition du distributeur allemand Ceconomy, pour environ 2,2 milliards d’euros et en cours de finalisation. JD.com cherche ainsi à renforcer sa présence en Europe, tout en maintenant Fnac Darty dans une gouvernance française indépendante et sans remise en cause de sa stratégie. Selon le ministre de l’Économie, Roland Lescure, Fnac n’était « pas un commerçant comme un autre » et JD.com a accepté des conditions visant à préserver la gouvernance et le contrôle français. JD.com deviendrait un actionnaire dormant, sans droit de gouvernance ni influence sur la gestion. L’annonce intervient après des échanges visant à encadrer l’opération et à clarifier les engagements pris par les deux groupes.
JD.com accepte les conditions de Bercy et devient actionnaire dormant
« Ces conditions sont très simples », a explicité le ministre; « ils vont rester un actionnaire (…) dormant, aucun droit de gouvernance, aucun impact sur la gestion de l’entreprise ». On passe d’un actionnaire allemand à un actionnaire chinois, qui n’aura aucun impact ni sur la gestion, la gouvernance, a-t-il ajouté. JD.com deviendrait ainsi l’actionnaire dormant sans droit de gouvernance ni influence sur la gestion de Fnac Darty, et l’opération demeure conditionnée au respect des engagements déjà énoncés.

JD.com est en cours de finalisation du rachat du distributeur allemand Ceconomy, qui détient 22 % du capital de Fnac Darty, ce qui en fait le deuxième actionnaire derrière le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky (28 %). En septembre, face à l’arrivée attendue de JD.com au capital de Fnac Darty, le ministère de l’Économie avait demandé au groupe chinois de déposer une demande d’examen au titre du contrôle des investissements étrangers en France (IEF). Cette procédure visant à préserver les intérêts économiques de la France dans certains secteurs sensibles n’était finalement pas applicable dans ce cas, a ajouté Bercy, qui a toutefois demandé à JD.com de respecter certaines conditions dans le cadre de l’opération.
Parmi ces dernières, outre la non-intervention dans la gestion, « JD et Ceconomy se sont engagés à ne pas augmenter leur participation au capital de Fnac » et à ne pas en prendre le contrôle, selon le ministère de l’Économie. « La gouvernance de Fnac, qui est composée d’administrateurs indépendants, ne sera pas modifiée », a-t-il ajouté. JD.com a par ailleurs lancé en France sa plate-forme de vente en ligne Joybuy, où l’on trouve tous types de produits, de l’électronique aux vêtements, en passant par de l’alimentaire.
Gouvernance et perspectives pour Fnac Darty et JD.com
La gouvernance de Fnac Darty, qui est composée d’administrateurs indépendants, ne sera pas modifiée, selon le ministère de l’Économie. Cette disposition permet à Fnac Darty de continuer à déployer sa feuille de route stratégique sans intervention directe de JD.com. Le directeur général Enrique Martinez a déclaré avoir « pris acte des annonces du ministère de l’Économie et des garanties obtenues par le gouvernement de la part de JD.com dans l’hypothèse où le rachat de Ceconomy serait mené à son terme ». « Ceconomy n’est pas représenté au conseil d’administration et n’aura pas d’influence directe ou indirecte dans la gouvernance de notre groupe, qui pourra ainsi continuer à déployer sa feuille de route stratégique », a-t-il ajouté dans une réaction écrite transmise à l’AFP. JD.com a par ailleurs lancé en France sa plate-forme Joybuy, élargissant l’offre vers l’électronique, les vêtements et l’alimentaire.
Dans ce cadre, Fnac Darty poursuit son cheminement stratégique avec l’objectif de préserver son autonomie opérationnelle tout en bénéficiant d’un partenaire industriel pour renforcer sa position européenne. Joybuy incarne l’expansion de JD.com sur le marché français, complémentaire de son encadrement local et de sa présence déjà affirmée en Europe.