Accueil ActualitéAttaque à Beyrouth : Le Liban craint une nouvelle guerre avec Israël

Attaque à Beyrouth : Le Liban craint une nouvelle guerre avec Israël

par Sara
Liban, Israël

Dans le camp de réfugiés palestiniens de Burj al-Barajneh, en banlieue sud de Beyrouth, deux hommes se tenaient sur des balcons opposés, discutant de la récente attaque israélienne qui a tué un responsable haut placé du Hezbollah à un peu plus d’un kilomètre de leur position. L’inquiétude est palpable : pour beaucoup, cette nouvelle frappe ravive la peur d’une nouvelle escalade et réactive le souvenir d’une année de destructions.

Les habitants craignent une intensification du conflit après des mois de relative accalmie. L’expression « attaque à Beyrouth » circule désormais dans les conversations quotidiennes, reflétant l’angoisse d’une population marquée par les pertes humaines et matérielles.

Souvenirs d’un conflit dévastateur

Le cessez-le-feu conclu en novembre dernier entre le Hezbollah et Israël avait apporté un répit, même si les frappes israéliennes ont continué dans le sud et dans certaines zones de la vallée de la Bekaa. Beaucoup ici restent marqués par les destructions massives subies l’année précédente.

Conséquences principales :

  • Plus de 4 000 morts au Liban depuis octobre 2023, principalement entre septembre et novembre de l’année passée.
  • Plus de 1,2 million de déplacés, dont une part importante n’est pas encore retournée chez elle.
  • Des besoins de reconstruction estimés à environ 11 milliards de dollars par la Banque mondiale.

Les habitants rappellent que, bien que le camp de Burj al-Barajneh n’ait pas été touché directement lors des précédents affrontements, les explosions des bombes à pénétration ont secoué les immeubles au point de provoquer des exodes par peur d’effondrement.

Un Hezbollah affaibli et des tensions politiques

Le conflit a aussi affaibli militairement et politiquement le Hezbollah. Sous pression des États-Unis et d’Israël, le gouvernement libanais a approuvé un plan prévoyant le désarmement du groupe par l’armée libanaise, décision contestée par la direction du Hezbollah. Pour mémoire, l’annonce gouvernementale de cet été est décrite ici : https://www.aljazeera.com/news/2025/8/7/lebanese-cabinet-holds-more-talks-on-disarming-hezbollah-under-us-pressure

Le Hezbollah rejette les appels au désarmement, invoquant le non-respect par Israël de certaines clauses du cessez-le-feu, notamment le maintien de positions occupées dans le sud et les frappes quasi quotidiennes qui ont fait plus de 120 victimes civiles depuis l’accord.

Des analystes estiment cependant que le groupe n’est pas aujourd’hui en position d’engager une offensive contre Israël. Selon Michael Young, analyste libanais : « Une riposte du Hezbollah serait un suicide sans valeur militaire ou politique. »

Réactions et menaces d’escalade

Des responsables israéliens et des médias du pays évoquent une possible intensification militaire au Liban, affirmant que le Hezbollah se regrouperait. Ces éléments ont contribué à une atmosphère de tension et d’incertitude.

Un haut cadre du Hezbollah, Mahmoud Qomati, a indiqué que la dernière frappe avait franchi une « ligne rouge » et que la direction du mouvement envisageait une réponse. D’autres observateurs jugent toutefois que la capacité opérationnelle du mouvement est réduite après les combats précédents.

Pour plus de contexte sur l’intensification des frappes et les analyses liées, voir : https://www.aljazeera.com/features/2025/11/12/israel-intensifying-attacks-on-lebanon-is-it-planning-another-war

La peur dans les camps et les quartiers de Beyrouth

La population de Burj al-Barajneh et d’autres quartiers touchés par les frappes vit dans l’angoisse. Certains affichent une bravade apparente, d’autres expriment une peur profonde pour leurs familles.

Exemples de témoignages :

  • Un homme d’une trentaine d’années, debout sur son balcon, demande à son voisin : « Penses-tu qu’ils vont déclencher une guerre plus large ? »
  • Un coiffeur du quartier, Ali, affirme : « Nous sommes habitués à cela », tout en reconnaissant que les effets sonores et la terreur d’autrefois persistent.

L’attaque récente sur le plus grand camp de réfugiés du Liban, Ein el-Hilweh, qui a fait 13 morts dont 11 enfants, a ravivé la crainte que d’autres camps soient ciblés. Détails de cette attaque : https://www.aljazeera.com/news/2025/11/25/un-calls-for-probe-into-israels-strikes-on-lebanon

Le sud du Liban : dévastation et retour difficile

Le sud a subi l’essentiel des destructions. De nombreuses zones restent inaccessibles et tentatives d’accès ont été confrontées à des actions militaires israéliennes, y compris des tirs depuis les points occupés.

Un habitant d’al-Habbariyeh, Ali Noureddine, évoque des localités « pratiquement vides » peuplées de déplacés incapables de réintégrer leurs maisons. Il rappelle aussi la tragédie de sept secouristes tués dans une frappe en mars 2024 : https://www.aljazeera.com/features/2024/6/3/no-one-will-hold-them-accountable-israel-targets-medics-in-south-lebanon

Malgré des retours sporadiques et des réparations engagées par certains, la peur demeure. Beaucoup ont investi leurs dernières économies pour reconstruire et redoutent de devoir fuir à nouveau, après avoir déjà connu des conditions de vie très difficiles en exil.

Crainte d’une nouvelle détresse humanitaire

La population libanaise, en particulier dans le sud et dans les camps de réfugiés, craint que toute nouvelle intensification entraîne un bilan humain et matériel encore plus lourd qu’auparavant. Les habitants craignent notamment :

  • Des pertes civiles massives et des victimes parmi les enfants.
  • Un nouvel afflux de déplacés et un effondrement des conditions de vie.
  • Un surcroît de dommages aux infrastructures déjà fragilisées.

Les discussions politiques et diplomatiques se poursuivent, mais sur le terrain, les habitants vivent dans l’incertitude et la peur d’une reprise des hostilités à grande échelle.

source:https://www.aljazeera.com/features/2025/11/27/beirut-attacks-leaves-lebanon-worried-and-waiting-for-another-israeli-war

Cela pourrait vous intéresser

Laisser un commentaire