Table of Contents
Les députés allemands ont adopté vendredi le budget remanié pour 2026, prévoyant le recours au plus fort endettement depuis la pandémie afin de financer des investissements et soutenir la relance économique. Le texte, présenté par la coalition dirigée par le chancelier Friedrich Merz et soutenu par les partis CDU-CSU et SPD, a été adopté par 322 voix contre 252 après quatre jours de débats. Le budget prévoit des dépenses de 524,5 milliards d’euros, dont 58,3 milliards destinés à l’investissement, et une dette de près de 98 milliards d’euros, soit 8 milliards de plus que dans le projet initial. À cela s’ajoutent les emprunts pour les fonds spéciaux liés à la modernisation des infrastructures, à la neutralité climatique et au renforcement de l’armée, portant la dette totale à plus de 170 milliards d’euros. C’est un niveau inédit depuis la pandémie de Covid-19 où elle avait atteint en 2020 le montant record de 217,8 milliards d’euros.

Budget 2026 et le niveau de dette
Le volet budgétaire retient une dépense publique qui atteint 524,5 milliards d’euros, dont 58,3 milliards sont fléchés vers l’investissement. La dette progresse: près de 98 milliards d’euros empruntés, soit une hausse de 8 milliards par rapport au projet initial. En parallèle, des fonds spéciaux destinés à la modernisation des infrastructures, à la neutralité climatique et au renforcement de l’armée portent la dette totale au-delà de 170 milliards d’euros. C’est un niveau inédit depuis la pandémie de Covid-19, qui avait vu le stock atteindre 217,8 milliards d’euros en 2020.
Friedrich Merz a fait de la relance de la première économie européenne une priorité et a soutenu l’assouplissement des règles constituant le cadre budgétaire. Les règles strictes qui freinaient le recours à la dette, inscrites dans la constitution, ont été assouplies pour permettre de lâcher la bride sur la dépense publique, afin de financer des investissements jugés prioritizés pour la croissance et la compétitivité.
Réactions et enjeux politiques
Alice Weidel, cheffe du parti AfD, a estimé lors du débat général que le gouvernement Merz avait « totalement échoué » après un peu plus de sept mois au pouvoir, et elle a dénoncé un budget 2026 « pas conforme à la Constitution » en critiquant vivement les fonds spéciaux qui créent « la plus grande montagne de dettes depuis l’après-guerre ». Elle a également appelé Friedrich Merz et son parti à abattre le « cordon sanitaire » érigé contre l’AfD et à gouverner ensemble.
Le ministre des Finances, Lars Klingbeil (SPD), a, lui, averti les députés des défis attendus à partir de 2027, avec un déficit de financement de plus de 30 milliards d’euros à combler. « Le plus gros du travail est encore devant nous », a déclaré le vice-chancelier, ajoutant que l’élaboration des budgets 2025 et 2026 n’était, selon lui, « qu’un échauffement » pour le Parlement.
Impact économique et perspectives
Dans ce contexte, Friedrich Merz salue une approche qui vise à soutenir la croissance et l’emploi par des investissements stratégiques, tout en ajustant le cadre budgétaire pour mieux armer l’économie face à des défis mondiaux. L’annonce met en évidence le dilemme entre discipline budgétaire et capacité à financer des infrastructures, le climat et la défense. Les analystes observent attentivement les équilibres à venir entre maintien des dépenses publiques, soutenabilité de la dette et évolutions des taux d’intérêt, qui influenceront les perspectives économiques allemandes et, par extension, européenne.