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Une discussion nationale est relancée autour de l’interdiction du téléphone portable au lycée, avec des déclinaisons prévues au collège et des avis partagés sur les coûts et les effets pédagogiques. Le sujet est d’actualité alors que le gouvernement évoque des mesures plus strictes et que les syndicats et les chefs d’établissement appellent à un examen attentif des résultats concrets et des limites. Des chiffres évoquent un coût important pour les établissements. Des retours positifs existent là où le dispositif a été expérimenté, mais les opinions divergent sur la meilleure façon d’agir et sur la place des familles dans ce débat.

Contexte national et réactions des syndicats
Sur le plan national, Emmanuel Macron a évoqué vouloir « faire : ‘plus de portable au lycée’ à la rentrée prochaine », et le chef de l’État souhaite étendre le dispositif « portable en pause » entré en vigueur à la rentrée 2025 au collège pour priver les élèves de leurs portables au collège. Un dispositif qui n’a pourtant pas pu être appliqué dans tous les établissements. « C’est une réponse précipitée et qui relève beaucoup plus de la communication », affirme Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU après les propos d’Emmanuel Macron, qui a déclaré : « On veut faire : ‘plus de portable au lycée’ à la rentrée prochaine ». Elle rappelle que le dispositif n’a pas pu être appliqué dans tous les établissements et souligne un coût estimé pour les collèges. « Autour de 8 500 euros pour un collège de 450 à 500 élèves, en comptant l’installation de casiers et l’achat de housses individuelles », ajoute-t-elle.
Pour elle, « là où ça a pu être mis en place, dans les petits établissements, les retours sont plutôt positifs », et elle appelle à interroger le rôle des parents d’élèves et à éviter des annonces qui seraient décalées du quotidien des établissements. Elle rappelle aussi qu’« une partie du harcèlement et du cyberharcèlement se déroule en dehors de l’école, bien souvent à la maison sur les réseaux sociaux, la nuit sur le téléphone portable », ce qui complexifie l’évaluation de toute mesure scolaire.
Coûts et faisabilité dans les collèges et lycées
Le projet d’interdire le téléphone portable au lycée, comme l’a évoqué Emmanuel Macron, « va être extrêmement difficile » à mettre en place, déclare à franceinfo Audrey Chanonat, secrétaire nationale éducation et pédagogie du Syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale (SNPDEN-UNSA). Le chef de l’État a déclaré vendredi, lors d’un échange avec des lecteurs de la presse régionale du groupe Ebra à Mirecourt (Vosges) : « On veut faire : ‘plus de portable au lycée’ à la rentrée prochaine ». Audrey Chanonat estime que l’« application » de cette mesure ne pourra pas se faire comme au collège, « on ne fonctionne pas du tout de la même manière ». Dans son établissement, les couloirs sont « totalement interdits [aux élèves] entre midi et deux », ce qui illustre la différence d’organisation entre lycée et collège, avec des zones « un petit peu plus privés » et « moins de regard d’adulte » qui pourraient faciliter des contournements. Elle ajoute que le problème de l’usage des téléphones portables « est tout autant à l’école que sociétal » et qu’il faut considérer le cadre des publics majeurs et les aspects réglementaires entourant l’interdiction d’utilisation dans l’enceinte des établissements.
Défis spécifiques au lycée et rôle des familles
La discussion met en évidence que le sujet dépasse l’école et touche à des questions sociétales et familiales. Si les retours positifs existent là où le dispositif a été testé, les acteurs avertissent qu’une généralisation nécessite des ressources et une adaptation. Sophie Vénétitay rappelle que « là où ça a pu être mis en place, dans les petits établissements, les retours sont plutôt positifs », mais elle insiste sur la nécessité d’une évaluation rigoureuse, d’un accompagnement et d’un dialogue avec les familles. Elle précise aussi que « l’école devra prendre sa part dans cette question des écrans mais ne pourra pas tout faire » et appelle à ne pas accorder à une mesure unique le rôle de résoudre l’ensemble des enjeux liés aux écrans et au harcèlement, qui se manifestent en partie en dehors de l’école.