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Dans les rues de Gaza, Mohammed Ashour, un adolescent palestinien de 15 ans, porte des thermos et appelle les passants en espérant vendre une tasse de café. Il devrait être à l’école, mais la mort de son père pendant la guerre l’a contraint à abandonner ses études pour subvenir aux besoins de sa famille. « Ce fardeau n’est pas le mien », confie-t-il, épuisé par des allers-retours quotidiens avec ses thermos. Des dizaines d’enfants comme lui sont désormais forcés de travailler pour survivre, perdant non seulement leur éducation mais aussi leur enfance.
Un enfant contraint d’assumer le rôle de soutien de famille
Mohammed explique que vendre du café et porter des thermos est trop lourd pour quelqu’un de son âge, mais qu’il n’a pas le choix. Après la mort de leur père, sa famille s’est retrouvée sans aucune source de revenus, raconte sa mère, Atad Ashour. Les frères aînés n’ont pas réussi à trouver d’emploi et la mère ne peut pas subvenir seule aux besoins du foyer.
Elle souligne que son fils reste un enfant malgré la responsabilité qui pèse sur lui et que les circonstances les ont poussés à cette situation. Le travail des enfants est devenu, pour eux, un moyen de survie immédiat plutôt qu’un choix.
Les agences d’aide: les enfants portent le fardeau de la guerre
Des organisations humanitaires rapportent que les enfants ont largement supporté le poids du conflit, acceptant des tâches normalement réservées aux adultes. Tess Ingram, porte-parole de l’UNICEF, signale une augmentation des enfants fouillant les déchets à la recherche de ferraille ou de bois à vendre, ainsi que d’enfants vendant du café dans les rues.
Selon elle, l’UNICEF travaille avec des partenaires pour tenter de freiner ces mécanismes de survie néfastes, notamment par des aides en espèces aux familles, des campagnes de sensibilisation aux risques du travail des enfants et des efforts pour aider les adultes à retrouver un emploi. Rachel Cummings, directrice humanitaire pour Gaza chez Save the Children, ajoute que la désorganisation des structures familiales pousse aussi les enfants à s’occuper de frères et sœurs ou de membres âgés de la famille.
Chiffres alarmants
Les conséquences de la guerre sur les enfants de Gaza sont visibles et chiffrées, reflétant l’ampleur de la crise humanitaire. Voici les principaux éléments à retenir :
- Au moins 39 000 enfants ont perdu un ou deux parents pendant le conflit.
- Plus de 660 000 enfants sont privés d’enseignement formel.
- Environ 132 000 enfants sont exposés au risque de malnutrition aiguë.
Ces chiffres montrent que, avec une économie dévastée, de nombreuses familles n’ont d’autre choix que de faire travailler des mineurs pour survivre.
Privés d’école, privés d’enfance
Des témoins sur place soulignent que beaucoup d’enfants effectuent des tâches qui ne leur étaient pas destinées, alors qu’ils devraient être en classe ou en train de jouer avec leurs amis. La situation crée une vulnérabilité accrue et des répercussions psychologiques et physiques durables pour ces mineurs.
Au terme d’une autre longue journée de travail, Mohammed passe devant une école et regrette de ne plus y être. « Si mon père était vivant, tu me trouverais à la maison allant à l’école », dit-il, exprimant le souhait simple que partagent tant d’enfants à Gaza : retrouver une enfance et une scolarité interrompues par la guerre.