Le pape Léon XIV poursuit sa visite au Liban et se rend notamment à Beyrouth pour se recueillir sur le port, cinq ans après la double explosion qui a frappé la ville. Dans un pays en proie à une grave crise économique, les bombardements israéliens persistent dans le sud et la banlieue sud de Beyrouth, malgré un cessez-le-feu ratifié il y a un an. Selon les observations de la FINUL, plus de 10 000 incidents violents ayant rompu le cessez-le-feu ont été enregistrés, majoritairement attribués à des attaques israéliennes.

Dans la cour de l’école Al Hadi pour enfants handicapés, Mariam Slim, 20 ans, élève à l’institut Al Hadi, dit ressentir une inquiétude permanente. « Tous les jours, le bruit des drones se fait entendre et l’on craint pour l’avenir », confie-t-elle. Wiam Braitaa, 18 ans, explique s’être habituée à ces détonations et affirme qu’« on ne se sent pas en sécurité ».
L’école fait partie du vaste réseau caritatif Al Mabarrat, très ancré dans la communauté chiite. Quatre de ses centres avaient été endommagés pendant la guerre. Ibrahim Alaeddine, le directeur, espère que la visite du pape apportera un apaisement et remettra la lumière sur le Liban au niveau mondial, afin que les habitants puissent accéder à l’éducation et mener une vie normale.
Dans la rue, Ayman, chauffeur de profession, a vu sa maison réduite en poussière par des bombardements. Il ne dissimule pas son soutien au Hezbollah et avance que « l’État refait les routes avant l’arrivée du Pape et tout redeviendra comme avant ». Il rappelle aussi que plusieurs papes sont déjà venus au Liban sans que cela n’ait changé durablement la situation, et que les Libanais espèrent surtout la fin de la guerre.
Au-delà de la visite papale, les Libanais souhaitent une fin durable du conflit et une vie plus stable, où les enfants puissent aller à l’école sans crainte et reconstruire leur quotidien malgré les difficultés économiques et sécuritaires qui persistent dans le pays.