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Budget de la Sécu: vote serré à l’Assemblée sur le PLFSS

par charles
France

Le budget de la Sécurité sociale, appelé PLFSS, est au cœur d’un vote aussi attendu que serré à l’Assemblée nationale. Le gouvernement cherche à obtenir les voix nécessaires pour adopter ce texte, qui réintroduit notamment une révision des dépenses et les dispositions liées à la réforme des retraites suspendue. Sébastien Lecornu, Premier ministre, est l’acteur central du calcul des majorités alors que les blocs se positionnent et que les pressions internes montent. Les débats, qui se prolongent ce mardi, portent aussi sur les concessions possibles et les scénarios si le texte n’est pas voté.

Sébastien Lecornu à l’Assemblée nationale lors du vote sur le PLFSS
Députés en séance pour le vote sur le PLFSS, Lecornu au premier plan.

À l’Assemblée, vote serré sur le PLFSS et Lecornu sous pression

Quatre groupes s’opposent au texte de manière significative et le compte des voix demeure incertain. Selon les calculs des formations, ces groupes pèsent environ 226 voix contre le texte, tandis que le gouvernement peut compter sur son propre groupe et sur les soutiens des centristes du Modem et des socialistes, pour un total autour de 193 députés favorables. Le vote, attendu en soirée, pourrait donc se jouer à quelques voix près et décider du sort politique de l’exécutif.

« Si le texte est voté on racontera l’immense réussite de Sébastien Lecornu mais en cas d’échec tout le monde se demandera où est-ce que les voix ont manqué et qui est responsable du bazar », analysait notre ministre.

Le gouvernement espère aussi convaincre quelques députés du groupe Liot et des non-inscrits. « Le budget ayant été réécrit pour plaire aux socialistes et aux écologistes, il devient de plus en plus difficile pour des élus de droite de voter pour », rappelle une source parlementaire. Le vote, prévu ce soir, est donc susceptible d’être particulièrement indécis, même si le texte finit par être adopté.

Réactions des groupes et enjeux politiques

Le Rassemblement national et La France insoumise annoncent généralement leur vote contre le PLFSS, tandis que Horizons et Les Républicains circulent entre abstention et soutien partiel selon les concessions du gouvernement. « Ce texte ne nous satisfait pas et nous ne pouvons pas le voter », a déclaré lundi Edouard Philippe sur LCI, précisant qu’il proposerait aux députés Horizons de s’abstenir.

« Je ne suis pas partisan du chaos. Je ne propose pas de voter contre. Je n’ai jamais voulu que le gouvernement de Sébastien Lecornu tombe », a-t-il ajouté, insistant sur le caractère imparfait mais nécessaire du dialogue avec l’exécutif. Reconnaissant que le budget n’est pas parfait, le président du groupe Ensemble pour la République, Gabriel Attal, a pour sa part souligné la nécessité de débloquer la situation. Le groupe Modem et ses 36 députés ont aussi indiqué qu’ils voteront pour le budget de la Sécurité sociale.

Le Rassemblement national, soutenu par les députés UDR, et les Insoumis affirment une ligne ferme contre le projet. De leur côté, les 91 députés du groupe EPR s’attendent à une majorité favorable, à l’exception de deux voix, tandis que le reste du socle commun se déchire sur les concessions faites au PS et aux écologistes. 9 députés non-inscrits jouent aussi un rôle déterminant dans l’issue de ce vote, selon les analyses des états-majors.

Les écologistes restent en balance: Yannick Jadot appelle les 38 députés verts à l’abstention au minimum, et leur décision sera tranchée lors de leur réunion de groupe ce mardi. Une fois les discours terminés, les discussions promettent d’être longues et les équilibres fragiles entre Horizons, LR et le reste du socle demeurent cruciaux pour l’issue finale.

Conséquences et calendrier

Selon les analyses publiées, l’adoption du PLFSS offrirait au Premier ministre une courte fenêtre de stabilité avant le vote sur le budget de l’État, tandis que son éventuelle chute pourrait ouvrir la voie à une motion de censure et, potentiellement, à des remous politiques importants. « Si le texte est adopté, Sébastien Lecornu sera sauvé pour quelques jours, jusqu’au vote sur le Projet de Loi de Finances », écrivait notre source. En revanche, un rejet du PLFSS pourrait mener à des remaniements et à nouvelles propositions de loi.

Le budget de la Sécurité sociale représente plus de 40 % du budget de l’État, et son pilotage est un enjeu majeur pour les objectifs budgétaires du gouvernement. Le refus du texte pourrait creuser le déficit et compliquer les engagements du pays, avec une possible réaction de l’opposition et des demandes de révision de la stratégie. Le PLFSS est aussi susceptible de rouvrir les discussions au Sénat et d’exiger de nouvelles concessions, ce qui prolonge l’incertitude autour de la prochaine étape.

Gabriel Attal et les députés du socle commun lors du PLFSS
Le socle commun, composé d’Ensemble pour la République, du Modem, d’Horizons et des Républicains, reste divisé sur le texte.

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