Accueil ActualitéGuerre en Ukraine : la Russie déploie des drones Geran-2 armés de missiles air-air

Guerre en Ukraine : la Russie déploie des drones Geran-2 armés de missiles air-air

par Lea
France

Une nouvelle menace pèse sur le front ukrainien: les drones Geran-2 russes, initialement conçus pour des missions d’attaque, pourraient être armés de missiles air-air R-60 afin de viser des avions et des hélicoptères ukrainiens impliqués dans l’interception des drones russes. Le dispositif serait utilisé pour contrer les capacités des forces ukrainiennes qui tentent d’intercepter les drones ennemis. Selon la Direction générale du renseignement du ministère de la Défense ukrainien (HUR), Moscou a modifié ces engins pour accroître leur impact en surface et en air. L’objectif déclaré est d’élargir la portée opérationnelle de ces drones et de fragiliser les efforts d’interception des drones ennemis.

Les analystes ukrainiens soutiennent que cette évolution vise explicitement à réduire l’efficacité des contre-mesures aériennes et à forcer les équipages ukrainiens à réévaluer leurs stratégies d’interception. En intégrant un missile air-air à un drone de la série « E », les autorités russes cherchent à créer une menace polyvalente capable d’engager des cibles aériennes à distance. Le système permettrait une approche plus autonome, même si l’intervention humaine demeure nécessaire pour lancer le tir dans un premier temps. Cette adaptation s’inscrit dans une logique générale d’amélioration des capacités drones russes sur le front.

Pour parvenir à cette configuration, les forces russes ont repris le missile soviétique R-60 et l’ont adapté pour l’intégrer au Geran-2. Le projectile est monté sur un rail de lancement APU-60-1MD et fixé sur une plateforme située sur la partie supérieure avant du fuselage du drone. Le montage est décrit par des sources spécialisées comme une pièce centrale de l’architecture de tir, qui permettrait une impulsion directrice vers des cibles aériennes. Cette démonstration technique illustre une approche plus agressive des armements embarqués sur les drones.

Le Geran-2 est conçu pour fonctionner en conditions de guerre électronique. Le système comporte deux caméras, l’une à l’avant et l’autre à l’arrière du dispositif de tir, afin de soutenir la reconnaissance et le guidage en vol. Les flux vidéo et les commandes transitent via un modem chinois Xingkay Tech XK-F358, et le drone s’appuie sur un module Kometa à douze canaux réputé résistant au brouillage. Les concepteurs mettent en avant des éléments d’autonomie et de résilience face aux environnements hostiles.

Le dispositif intègre aussi un micro-ordinateur monocarte Raspberry Pi 4 et un système de suivi, complétés par deux modems GSM qui permettent de collecter et transmettre automatiquement des données vers des sources distantes. Selon le descriptif technique, un opérateur humain pourrait déclencher le tir si un hélicoptère ukrainien pénètre dans la zone active. Après le lancement, un système de guidage infrarouge verrouillerait la cible pour assurer le tir. Comme pour d’autres drones, les composants électroniques proviennent de plusieurs pays, notamment la Chine, les États‑Unis, l’Allemagne et le Royaume‑Uni.

Les services de renseignement ukrainiens estiment que cette adaptation pourrait aussi profiter à l’Iran, dont les Shahed-136 sont d’origine. L’agence souligne que cette configuration technique vise à étendre les capacités opérationnelles des drones et à compliquer les intercepteurs aériens ukrainiens. Dans ce contexte, l’évolution des Geran-2 est suivie avec attention par les analystes et les responsables militaires des deux pays.

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