Les traitements de transition pour mineurs sont au cœur d’une annonce marquante de l’administration Trump, qui entend restreindre leur accès et retirer des financements fédéraux aux hôpitaux qui les proposent. L’initiative, présentée comme une réorganisation des garanties médicales, déclenche polémiques et mises en garde sur les droits des jeunes trans. Des responsables et des associations évoquent des risques pour la sécurité et le bien etre des patients, et les actions présentées seront soumises à une consultation publique.

Aux États‑Unis: mesures sur les traitements de transition mineurs annoncées par l’administration Trump
Dans le détail, les mesures visent à retirer d’importants financements fédéraux aux hôpitaux proposant des traitements hormonaux ou chirurgicaux, notamment pour les mineurs qui ne s’identifient pas avec le genre assigné à leur naissance. Le texte prévoit également que les établissements ne puissent plus proposer ces prises en charge sans remettre en cause leur financement public, une règle qui, selon les responsables, place les hôpitaux dans « une situation extrêmement périlleuse » s’ils continuaient à proposer de telles prises en charge.
Le ministère de la Santé a annoncé que les actions présentées étaient désormais soumises à une consultation publique et qu’elles seraient sans doute contestées devant la justice si elles étaient adoptées, notamment par des États démocrates ou des associations. « Les soins dits d’affirmation du genre ont infligé des dommages physiques et psychologiques durables à des jeunes vulnérables », a déclaré Robert Kennedy Jr. lors d’une conférence de presse pour justifier ce changement.
Des voix au sein du monde médical et des associations évoquent des risques et l’influence potentielle sur l’accès aux soins. L’influente organisation de défense des droits civiques ACLU a promis de s’opposer à la mise en œuvre de ces mesures, les qualifiant de « cruelles » et « inconstitutionnelles ».
« Des mesures qui forceraient les médecins à faire un choix impossible », entre « fournir des soins aux jeunes trans » et « protéger le financement fédéral pour tous les autres patients », a prévenu l’association de défense des droits LGBT+ Human Rights Campaign. « Ces directives et propositions déforment le consensus médical actuel et ne reflètent pas les réalités des soins pédiatriques ni les besoins des enfants et des familles », a pour sa part dénoncé Susan Kressly, présidente de l’Académie américaine de pédiatrie.
Pour certains professionnels, « les traitements de transition de genre sauvent des vies », comme l’affirme Zoe Taylor, médecin membre de Physicians for Reproductive Health auprès de l’AFP. « Il est tout à fait inacceptable de décider à la place des patients ». Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump est revenu sur une série d’acquis obtenus par les personnes transgenres, en ordonnant notamment leur exclusion des forces armées. Son ministère de la Santé avait déjà semé les doutes en mai sur les traitements de transition de genre en publiant un long rapport qui pointait des « risques significatifs » liés à ces pratiques mais qui avait été remis en cause par la communauté scientifique américaine.
L’accès des mineurs à ces traitements hormonaux ou chirurgicaux fait l’objet depuis plusieurs années de vifs débats, tant aux États‑Unis que dans d’autres pays, et les nouvelles annonces surviennent au lendemain de l’adoption par la Chambre des représentants d’une proposition de loi visant à les interdire. Ce texte, qui a peu de chances d’être adopté par le Sénat, criminaliserait ces traitements et ferait que toute personne réalisant un tel acte médical ou aidant une personne à en bénéficier risquerait jusqu’à 10 ans de prison.
Réactions et débats autour des mesures et du cadre juridique
L’accès des mineurs à ces traitements fait l’objet depuis plusieurs années de vifs débats, tant aux États‑Unis que dans d’autres pays, et les nouvelles annonces surviennent au lendemain de l’adoption par la Chambre des représentants d’une proposition de loi visant à les interdire. Ce texte, qui a peu de chances d’être adopté par le Sénat, criminaliserait ces traitements et ferait que toute personne réalisant un tel acte médical ou aidant une personne à en bénéficier risquerait jusqu’à 10 ans de prison.
Les associations et des professionnels appellent toutefois à la prudence et à l’évaluation médicale des risques et des bienfaits, tandis que les autorités soulignent la nécessité d’un cadre clair pour les soins pédiatriques. Les prochaines étapes législatives et judiciaires devraient déterminer si ces mesures peuvent être mises en œuvre dans les prochains mois.