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Le Conseil transitionnel du Sud a annoncé mercredi soir un accord prévoyant le redéploiement de forces gouvernementales dans des zones de la province de Hadramout récemment contrôlées par ses troupes, évoquant ainsi un nouveau chapitre dans la présence militaire au Yémen oriental. Selon le communiqué, cet arrangement doit permettre un « redéploiement Hadramout » coordonné entre les forces sudistes et des unités rattachées au gouvernement yéménite.
Déclarations du Conseil et modalités du redéploiement
Le porte-parole des forces du Conseil, Mohammed al-Naqeib, a diffusé une vidéo sur la plateforme X dans laquelle il précise que les unités armées du mouvement continueront leurs opérations sur place, mais les lieront désormais aux éléments du groupe nommé «Bouclier de la Patrie», rattaché à l’armée gouvernementale et à la coalition.
Il a ajouté que l’engagement inclut la réaffectation du 1er régiment «Bouclier de la Patrie» vers la région de Thamoud, suivie de repositionnements d’autres unités vers Ramah et d’autres secteurs des provinces de Hadramout et Al-Mahra. Selon le porte-parole, ces mouvements doivent garantir que l’ensemble des forces sudistes a sécurisé les territoires sous leur contrôle.
Position du Conseil sur les décisions gouvernementales
La veille, le Conseil transitionnel avait réitéré son rejet des décisions émises par le président du Conseil de commandement présidentiel, Rachad Al-Alimi, affirmant le maintien de ses positions et sa disponibilité à faire face à toute menace. Cette posture témoigne d’une tension persistante entre le mouvement séparatiste et les autorités centrales yéménites.
Dans son allocution, le Conseil a souligné la nécessité d’une coordination opérationnelle sur le terrain, tout en conservant la capacité de ses formations à agir pour assurer la protection des zones sous leur contrôle.
Réactions locales : appel au retrait et souci d’éviter le sang versé
Le gouverneur de Hadramout, Salem al-Khanbashi, a déclaré que la réponse du Conseil à la demande gouvernementale de retrait restait limitée. Lors d’une interview, il a appelé au retrait des forces sudistes vers leurs positions d’origine, exprimant sa volonté d’éviter « toute goutte de sang ».
Le gouverneur a ainsi plaidé pour une désescalade et un retour rapide à des modalités de sécurité compatibles avec l’autorité civile dans la province.
Intervention de la coalition et tensions régionales
Au même moment, la coalition dirigée par l’Arabie saoudite a annoncé des frappes aériennes visant des armes et des véhicules de combat qui, selon elle, avaient été débarqués au port d’Al-Mukalla après leur arrivée depuis le port de Fujairah. La coalition indique que ces équipements constituaient une menace pour la sécurité régionale.
Sur le plan diplomatique, Ryad a accusé les Émirats d’avoir poussé le Conseil transitionnel à mener des opérations près des frontières saoudiennes, notamment dans les provinces de Hadramout et Al-Mahra. Les Émirats ont rejeté ces allégations, qualifiant le communiqué saoudien de comportant des « mésinterprétations », et ont annoncé la fin des missions de certaines de leurs unités de lutte contre le terrorisme au Yémen.
Contexte des récents mouvements militaires
Les mobilisations du Conseil transitionnel du Sud, qui revendique l’indépendance du sud du Yémen, ont débuté début décembre par des avancées rapides dans Hadramout et Al-Mahra. Ces prises de positions ont été suivies d’appels internationaux et régionaux à la retenue et au retrait, sans qu’un accord de désengagement immédiat n’ait été obtenu.
Le redéploiement Hadramout annoncé vise à formaliser une présence conjointe sur le terrain, mais il reste soumis à l’évolution des négociations entre les parties locales et aux pressions diplomatiques de la région.