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Iran : soulèvement contre la vie chère et le régime des mollahs

par Lea
France

Après quatre jours de manifestations contre l’inflation et le coût de la vie, les autorités iraniennes promettent la fermeté. La rue n’a pas cessé de gronder et la colère s’est propagée au-delà des quartiers commerciaux. Selon la télévision d’État, un membre des forces de l’ordre a été tué lors des émeutes. Les images et les témoignages font état d’interpellations et de violences sporadiques dans plusieurs villes.

Des commerçants manifestent dans les rues de Téhéran lors des protestations contre la vie chère

Les troubles se sont étendus à une trentaine de villes, allant de Téhéran aux provinces, renforçant le sentiment d’un mouvement qui dépasse largement les seuls quartiers commerçants. À Fasa, dans le sud, le portail du gouverneur a été éventré et des arrestations ont été signalées, avec des affrontements contre les forces anti‑émeute. À Kouhdasht, dans l’ouest, un jeune Bassidj âgé de 21 ans a été tué, selon la télévision d’État, par des émeutiers. L’ampleur du phénomène ne reflète cependant pas encore le niveau du soulèvement qui avait suivi la mort de Mahsa Amini il y a trois ans.

Sur le volet économique, les autorités assurent écouter les revendications et les jugent légitimes. Le président Masoud Pezeshkian a répété que les demandes étaient légitimes et les médias d’État ont évoqué les manifestations, ce qui demeure relativement rare. La ligne du pouvoir est pour l’instant celle de la prévention plutôt que de la répression, avec des mesures destinées à freiner la contestation: les universités ont été fermées sur ordre du gouvernement et les cours se font en distanciel, officiellement pour économiser l’énergie face au froid. Cette approche vise aussi à couper la dynamique sociale qui se déploie autour des rassemblements.

Le régime apparaît fragilisé, mais il demeure en position de force. Après le mouvement Femmes, vie, liberté, il a cédé sur certains symboles du port du voile, mais l’appareil sécuritaire reste tout-puissant. Les Gardiens de la Révolution ont perdu des chefs dans des bombardements et redoutent une nouvelle offensive israélienne. Dans le pays, personne n’a encore réussi à réunir les différentes familles d’opposition autour d’un leadership crédible.

Les slogans dans les cortèges ont évolué et intègrent aussi des signaux politiques. Certains manifestants réclament le retour de Reza Pahlavi, fils de l’ancien shah, tandis que d’autres demandent le départ du Guide suprême Ali Khamenei. Cette dimension politique illustre une contestation qui demeure dispersée et sans porte‑parole unique, renforçant l’incertitude sur l’orientation du mouvement.

Sur le plan économique, l’inflation dépassait déjà 50 % cette année et les ménages souffrent. Le gouvernement a averti que les hausses salariales ne dépasseraient pas 20 %, une limite qui nourrit le mécontentement et accroît les difficultés quotidiennes des foyers. Les tensions économiques alimentent les mobilisations et rendent l’avenir proche difficile à lire.

Dans ce contexte, l’évolution du mouvement demeure incertaine. Les analystes estiment que rien n’indique une réorientation immédiate, mais les autorités poursuivent une gestion stricte du dossier social pour empêcher une escalade. Le pays traverse une période de volatilité politique et économique qui pourrait influencer les mois à venir, sans qu’une issue évidente soit en vue.

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