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Les forces armées américaines ont tué au moins cinq personnes lors d’une nouvelle attaque visant des bateaux présumés impliqués dans le narcotrafic, a annoncé mercredi le Southern Command, qui a en outre ordonné à la garde côtière des États-Unis de lancer une opération de recherche et sauvetage pour retrouver d’éventuels survivants.
Détails de l’opération
La déclaration militaire n’a pas précisé le lieu exact des frappes. Toutefois, une vidéo publiée par le Southern Command sur les réseaux sociaux montre plusieurs embarcations évoluant en formation rapprochée le long de routes maritimes identifiées comme des corridors du narco‑trafic.
Selon ce communiqué, les trois navires auraient transféré des stupéfiants entre eux avant les frappes. Au cours du premier engagement, trois personnes à bord du premier bâtiment ont été tuées, puis les occupants des deux autres embarcations auraient abandonné leurs bateaux en se jetant à la mer avant que ces derniers ne soient coulés par des frappes ultérieures.
Le Southern Command a précisé qu’une seconde attaque indépendante avait fait deux autres morts.
Recherche de survivants et intervention de la garde côtière
Les autorités militaires ont demandé à la garde côtière d’activer le dispositif de recherche et sauvetage. Un responsable a indiqué que huit personnes avaient abandonné leurs embarcations et faisaient l’objet de recherches en mer.
La garde côtière a dépêché un avion C‑130 pour localiser d’éventuels survivants et coordonne ses efforts avec des bâtiments présents dans la zone.
Un précédent qui suscite des remous
La consigne de rechercher des survivants intervient après des critiques aiguës dont l’armée américaine a fait l’objet lorsqu’une frappe de suivi, en septembre, a tué des personnes qui avaient déjà été touchées et se trouvaient sur une embarcation immobilisée.
Cet épisode avait provoqué des accusations de la part de parlementaires démocrates et d’experts juridiques, qui ont qualifié l’action de possible crime, tandis que l’administration et des élus républicains ont affirmé la légalité des frappes de riposte.
Contexte et portée des opérations maritimes
Il ne s’agit pas d’une première: des frappes similaires ont déjà eu lieu en mer des Caraïbes et dans l’océan Pacifique oriental. Depuis le début de septembre, l’administration américaine a rendu publiques plusieurs opérations, portant à 33 le nombre de frappes connues contre des embarcations et à au moins 112 le nombre de morts annoncés par Washington.
La présidence a défendu ces attaques comme une escalade nécessaire pour réduire l’afflux de drogues vers les États‑Unis, affirmant être engagée dans un «conflit armé» contre les cartels.
Dimension géopolitique
Parallèlement à ces opérations navales, l’administration a renforcé sa présence militaire régionale, déployant notamment plus de 15 000 soldats dans le cadre d’une pression croissante sur le président vénézuélien Nicolás Maduro, accusé par Washington de narco‑terrorisme.
Caracas rejette toute implication dans le trafic de drogue et assure que les États‑Unis cherchent à renverser le gouvernement pour s’emparer des importantes réserves pétrolières du pays. Récemment, la présidence américaine a également affirmé avoir frappé une zone terrestre au Venezuela utilisée pour charger des embarcations, une opération qualifiée par certains responsables comme une action non conduite par l’armée régulière et susceptible d’avoir impliqué des opérations clandestines.
Questions juridiques et humanitaires
Ces frappes soulèvent des interrogations persistantes sur la légalité des actions militaires en mer et sur la protection des personnes qui survivent aux engagements. Des ONG et des spécialistes du droit international pointent le risque de violations des normes humanitaires lorsque des frappes de suivi touchent des individus déjà neutralisés ou en détresse.
Alors que la garde côtière poursuit les recherches, la nouvelle opération ravive le débat sur la stratégie américaine contre le trafic de stupéfiants et ses conséquences pour les populations touchées ainsi que pour les relations avec les pays de la région.