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Le gouvernement yéménite a annoncé l’imposition de restrictions sur les vols en provenance et à destination des Émirats arabes unis, tandis que le Conseil transitionnel sud a réagi en ordonnant l’arrêt des vols à l’aéroport d’Aden, intensifiant ainsi les tensions Yémen-ÉAU déjà vives ces dernières semaines. Selon des sources, les nouvelles mesures viseraient à limiter l’escalade du conflit et s’inscriraient dans un cadre d’inspections et d’états d’urgence. Toutefois, l’autorité locale du Sud a refusé de s’y conformer et a pris des décisions contraires sur le terrain.
Négation officielle
Le gouvernement a démenti avoir ordonné la fermeture complète de l’aéroport d’Aden, précisant qu’aucune directive de ce type n’avait été émise par la direction de la coalition de soutien à la légitimité. Il affirme que les autorités maritimes et aériennes ont adopté, en coordination avec le commandement de la coalition, des mesures réglementaires limitées et révisables sur certaines liaisons internationales, destinées à réduire les risques et à renforcer les contrôles.
Les responsables gouvernementaux ont par ailleurs mis en garde contre les conséquences des directives émises par des responsables du Conseil transitionnel, les qualifiant d’irresponsables et susceptibles d’aggraver les difficultés des civils et d’entraver les déplacements civils et humanitaires.
Réplique du Conseil transitionnel et situation à Aden
Pour sa part, le ministre des Transports affilié au Conseil transitionnel sud a rejeté les nouvelles mesures et annoncé la suspension de tous les vols à l’aéroport international d’Aden. Cette décision, selon ses déclarations, réagissait à ce qu’il a décrit comme des démarches «inattendues» émanant des alliés saoudiens du gouvernement central.
Le refus d’obtempérer s’inscrit dans un contexte de forte défiance entre les autorités centrales et le mouvement séparatiste sudiste, qui maintient une posture défensive et affirme sa détermination à préserver ses positions.
Flou autour des retraits et montée des tensions dans l’est
Les événements interviennent alors que la situation demeure incertaine quant à l’exécution des ordres de retrait. Le président du Conseil de commandement a demandé le départ des forces émiraties du territoire yéménite sous 24 heures et le retrait des contingents du Conseil transitionnel de certaines provinces de l’Est, mesures présentées comme visant à protéger les civils et à empêcher l’imposition d’un fait accompli par la force.
Parallèlement, des rapports font état d’un mouvement limité de retrait de positions du Conseil transitionnel, suivi du déploiement — dans certaines zones — de formations placées sous l’autorité du commandement central. À Mukalla, les autorités locales ont signalé des incidents autour de l’aéroport de Riyan après le départ de forces étrangères, et le gouverneur de la province d’Hadhramout a ordonné le renforcement des dispositifs de sécurité pour préserver l’ordre public.
Nouvelle crise à Socotra
Dans l’archipel de Socotra, un responsable du ministère de l’Information a dénoncé une «nouvelle rébellion» du gouverneur affilié au Conseil transitionnel. Selon lui, des blindés et des troupes ont été déployés au port et à l’aéroport de Socotra, tandis qu’un navire émirati serait parvenu au quai avec des conteneurs couverts que des éléments locaux tentaient de décharger.
Ces développements augmentent encore la complexité de la situation, en multipliant les points de friction entre les acteurs locaux, les forces étrangères et le pouvoir central.
Escalade régionale et réactions
La montée des tensions a culminé avec une frappe annoncée par la coalition sur des livraisons d’armements arrivant au port de Mukalla depuis la région du Golfe, opération présentée comme une réponse à des demandes de protection des civils. Cet épisode a provoqué une forte réaction politique et conduit à la proclamation d’un état d’urgence de 90 jours, ainsi qu’à des appels à un soutien international pour traduire les décisions souveraines en actions concrètes.
Dans ce climat tendu, les perspectives d’une désescalade rapide apparaissent limitées, alors que les enjeux militaires, politiques et humanitaires se croisent et que chaque camp cherche à consolider ses positions.