Suite à l’incendie qui a ravagé un bar nocturne lors des célébrations du Nouvel An à Crans-Montana, plusieurs témoins estiment que la tragédie pourrait être liée à l’emploi de bougies-étincelles sur des bouteilles lors d’un show. Un pompier spécialiste de la prévention dans les établissements recevant du public souligne le caractère risqué de cette pratique dans une ambiance festive. Les secours poursuivaient leurs interventions lorsque les témoignages ont émergé.
Des autorités valaisannes ont ouvert une instruction pour incendie, sans établir immédiatement les causes. Des témoignages rapportés par des médias suisses, français et italiens évoquent des bougies-étincelles fixées sur des bouteilles portées par une personne sur les épaules d’une autre. Selon ces témoignages, le dispositif aurait touché le plafond et déclenché l’incendie, dans le cadre d’un « show » habituel dans l’établissement.
En France, l’usage de ces bougies-étincelles doit être strictement encadré. Le sapeur-pompier David Audisio rappelle : « On peut les utiliser dans des conditions très strictes. Toute flamme nue, toute source d’initiation d’incendie, est strictement interdite dans les établissements recevant du public en France. » Le chef du service prévention contre les risques d’incendie du SDIS de l’Ain précise que, s’il faut les utiliser pour un spectacle, des mesures compensatoires et des dérogations peuvent être requises pour éviter le drame. Il ajoute que, lorsque les matériaux de décoration ne respectent pas les règles, ces bougies peuvent mettre le feu à des éléments souvent riches en produits chimiques et dégager des gaz toxiques, et que ces gaz peuvent être nocifs et rapidement inflammables.
Le pompier affirme avoir étudié le temps de survie dans ce type de fumée et estime qu’il serait de deux à trois minutes. Si l’évacuation est retardée par la panique, ou si l’on ne rejoint pas immédiatement une issue, il peut être impossible d’atteindre la sortie de secours. Ces observations illustrent pourquoi toute mise en scène avec des flammes doit être strictement contrôlée.
Le cadre réglementaire des lieux festifs est présenté comme clair. « Ce sont des bars de nuit, presque des discothèques, donc le règlement est net : pas de flammes nues, ni d’étincelles, ni quoi que ce soit qui puisse initier un incendie », affirme le pompier. Il précise ensuite que des matériaux de décoration doivent être conformes à la réglementation et que, sur le fond, le système de désenfumage, les sorties de secours dégagées et un éclairage de sécurité performant doivent être assurés.
Les interventions des services de secours sont régulières dans ces établissements lorsque les règles de sécurité ne sont pas respectées, selon le pompier. Il explique que ce type d’événement reflète une rupture des règles et prédit des conséquences potentiellement dramatiques. Ces constats soulignent la nécessité d’un strict contrôle des dispositifs pyrotechniques et des audits de sécurité.
« Une des pires tragédies », a déclaré le président de la Confédération suisse, Guy Parmelin, après l’incendie. D’autres discothèques et bars nocturnes avaient été touchés par des incendies provoqués par des engins pyrotechniques par le passé, comme en Macédoine du Nord, où une cinquantaine de personnes avaient trouvé la mort lors d’un incendie en discothèque en mars dernier.
En France, en 2016, quatorze personnes ont perdu la vie dans un incendie survenu au sous-sol d’un bar reconverti clandestinement en boîte de nuit, provoqué par des bougies d’anniversaire. Les gérants ont été condamnés à trois ans de prison ferme.