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En Saône-et-Loire, le changement va principalement toucher les communes les plus petites. La loi impose désormais le scrutin de listes paritaires sur l’ensemble des communes, ce qui signifie que les listes devront être complètes et comporter autant d’hommes que de femmes, avec une légère marge lorsque le nombre de places est impair. Dans le département, 456 des 563 communes comptant moins de 1 000 habitants sont concernées par cette réforme.
Un signal fort
Pour Édith Gueugneau, maire de Bourbon-Lancy et vice-présidente de l’Association des maires de France, ces petites communes représentaient la dernière étape où la parité n’était pas encore appliquée. « Cette loi, c’est un signal fort. La République se doit d’être exemplaire », affirme-t-elle.
Jean-François Farenc, président de l’Association des maires ruraux de Saône-et-Loire, confirme que la loi permettra des avancées malgré les difficultés qu’elle suppose.
Onze candidats pour une centaine d’habitants
La règle précise que pour les communes comptant entre 100 et 500 habitants, il faut constituer une liste avec 11 candidats, avec une tolérance à 9 tout en conservant l’alternance femme–homme. Le maire rural précise que les inquiétudes viennent surtout des communes légèrement au‑dessus de 100 habitants : 97 dans le département. Si l’on enlève les étudiants, les seniors qui ne veulent pas repartir et ceux déjà élus, il peut rester peu de noms pour former une liste. Certains maires estiment même que le principe 50/50 est trop dogmatique.
Derrière, un problème de société
Au-delà des chiffres, les réalités sociétales pèsent lourd. Les maires ruraux expliquent que les femmes actives sollicitées répondent qu’elles ne peuvent pas s’engager, faute de temps et de charges domestiques. Avant d’accepter une liste, beaucoup de femmes se demandent si elles peuvent assumer ce rôle. Édith Gueugneau rappelle que la charge familiale doit être mieux partagée et que la loi prévoit un meilleur remboursement des frais de garde d’enfants pour lever cette contrainte.
« Si elles s’engagent, les femmes ont tout autant la capacité à être élues que les hommes », affirme la maire de Bourbon-Lancy. Un guide destiné aux candidates a été publié par l’Association des maires de France et Elles aussi, afin de les aider à dépasser leurs doutes et à persévérer.
Un effet mécanique qui reste à démontrer
Comment augmenter le nombre de femmes à la tête des conseils municipaux ? Actuellement, 79 % des maires de Saône-et-Loire sont des hommes, ce qui se répercute sur les conseils communautaires, souvent composés d’un unique représentant par commune, le plus souvent le maire. L’introduction de listes paritaires offre des chances accrues que des femmes soient élues maires, mais rien n’assure que le résultat se traduise ensuite par une égalité lors de la désignation des adjoints et du maire. Depuis 2015, les conseils départementaux élisent des binômes mixtes et la parité est en place dans ces assemblées depuis plus d’une décennie. Au niveau national, sur le mandat en cours, 85 hommes ont été élus présidents et 16 femmes seulement.
Verra-t-on les mêmes évolutions dans les communes de Saône-et-Loire ? La réponse interviendra en mars. Au total, 456 communes sont concernées par ce passage au scrutin paritaire, sur les 563 du département, soit l’ensemble des communes en dessous de 1 000 habitants.